vendredi, 31 mai 2019 17:42

Histoire politique du Mali Spécial

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L’histoire du Mali précolonial est surtout celle de la mythique épopée mandingue de Soundjata Kéita, de son successeur Kankou Moussa, du prospère Empire du Mali (11e au 15e siècle), et du royaume Bambara  (17e au 19e siècle). Après la chute de ce royaume en 1861, le plus illustre à suivre fut l’Empire Toucouleur de El-Hadj Omar Tall. C’est à l’époque de cet empire que les français vont entamer leur pénétration dans ce territoire. En effet, fort de la conquête du Sénégal, le Général Faidherbe entreprend la conquête du territoire voisin, le Mali, que les français désignaient du nom de Soudan.

La conquête commence avec la construction d’un fort à Médine en 1855, un an après que Faidherbe ait été nommé Gouverneur du Sénégal. En 1863, il envoie un premier corps explorateur, la mission Quintin-Mage, ce qui aura pour conséquence, la prise de Sabouciré en 1878, puis un deuxième, la mission Gallieni-Vallières auprès du roi Amadou Tall de Ségou, en 1879. S’en suivent les conquêtes progressives des différentes cités majeures du territoire : Kita en 1881, Bamako en 1883, Ségou en 1890, Nioro en 1891, le territoire malien devient alors la colonie du Haut-Sénégal-Niger en août 1892. Ensuite vient le tour de Tombouctou en 1894, Sikasso en 1898 et Gao en 1899. Bien sûr, ces conquêtes se sont heurtées à différents foyers de résistance, comme partout ailleurs. C’est le cas, par exemple, de la résistance du royaume Khassonké qui se solde par la mort de son roi, Niamodi Sissoko en 1878. Ensuite on peut évoquer la tentative de résistance du roi Babemba Traoré de Sikasso, capitale du royaume de Kénédougou. Il est assiégé dans sa forteresse en 1898 et choisit de se donner la mort pour échapper aux envahisseurs. Mais la résistance la plus notable de cette épopée colonialiste, est celle du chef Almamy Samory Touré. Il affronte l’occupation française en 1881 à Kéniéra et en ressort vainqueur. Sa renommée s’étend alors dans tous les environs, et suscite l’irritation des français et plus particulièrement de Faidherbe, qui est alors plus déterminé que jamais à défaire le rebelle avant qu’il ne rallie les autres royaumes encore inoccupés. Samory sera arrêté à Guélémou et déporté au Gabon où il meurt en 1900.

L’occupation française du Haut-Sénégal-Niger devient alors totale. Bamako en devient la capitale en 1907. En 1920, un an après la fin de la Première Guerre Mondiale, le territoire est renommé « Soudan français » et  devient membre de l’AOF. Les populations locales, qui ont contribué à l’effort de guerre pour la défense de la France, commencent déjà à protester contre l’occupation coloniale, de concert avec les mouvements anticolonialistes sénégalais. Les premiers syndicats naissent à la faveur des décrets accordant le droit de syndicalisation et celui de négocier des conventions collectives, aux noirs dans l’AOF émis par le Front Populaire en mars 1937. Mais c’est au lendemain de la seconde Guerre Mondiale que les organisations politiques du Soudan apparaissent avec la naissance du Parti démocratique soudanais, le 6 janvier 1946, du Bloc démocratique soudanais, le 26 janvier suivant et du Parti progressiste soudanais, le 13 février 1946. Les deux premiers partis cités s’unissent le 22 octobre 1946, pour former l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA), section soudanaise du Rassemblement démocratique africain (RDA). A la faveur de la loi-cadre du 23 juin 1956, les premières élections des assemblées territoriales ont lieu le 3 mars 1957. Elles désignent Jean-Marie Koné comme président du premier conseil de gouvernement et Modibo Kéita au poste de secrétaire d'État à la présidence du conseil. Au Référendum de septembre 1958, 97% des électeurs du Soudan français votent pour la création de la République soudanaise au sein de la Communauté française. Quelques mois plus tard, le 4 avril 1959, la République soudanaise et le Sénégal s’unissent pour former la Fédération du Mali. Elle est dirigée par Modibo Kéita, désigné président du gouvernement de la Fédération du Mali,  tandis que Léopold Sédar Senghor occupe les fonctions de président de l’Assemblée fédérale. La fédération accède à son indépendance le 20 juin 1960.

Suite à de nombreux désaccords entre les deux Etats fédérés, la fédération éclate le 20 août 1960. Le 22 septembre suivant, la République soudanaise proclame son indépendance et change de nom pour devenir la République du Mali. Modibo Kéita en demeure le président et l’US-RDA, le parti unique.

La République du Mali de Modibo Kéita était un de ces pays qu’on disait « non-alignés ». La politique malienne était non conformiste et tendait à une décolonisation totale du pays. Ainsi, le Mali développe, progressivement, des relations plutôt tendues avec la France et s’allie avec les pays communistes de l’Europe de l’est et de l’Asie. La politique intérieure n’a pas de meilleurs résultats, si on en juge par les foyers successifs de tension qui éclatent un peu partout (la rébellion touarègue de Kidal en 1962, et la crise économique malienne des années 60). Modibo Kéita durcit le ton et va jusqu’à dissoudre l’Assemblée pour gouverner par ordonnance, le 22 janvier 1968. La nouvelle situation politique met le Mali sous tension. Le 19 novembre 1968, une fraction de l’armée, dirigée par les capitaines Yoro Diakité et Mamadou Cissoko et les lieutenants Youssouf Traoré, Kissima Doukara et Moussa Traoré, mènent un putsch et capture le chef de l’Etat. Ils créent le Comité militaire de libération nationale (CMLN), présidé par le Lieutenant Moussa Traoré, et, le 7 décembre 1968, ce conseil supprime la Constitution du 22 septembre 1960. Le CMLN va rapidement se changer en un gouvernement autoritaire. En effet, le nouveau chef d’Etat, le Lieutenant Moussa Traoré, se retourne, dès 1970, contre ses anciens compagnons d’armes et dissout peu à peu les institutions gouvernementales pour diriger le pays tout seul. Il reste ainsi président et occupe les fonctions de premier ministre. Le 2 juin 1974, une nouvelle Constitution est adoptée donnant ainsi naissance à la 2e République. Déjà, des partis d’opposition réclament des reformes dans le mode de gouvernance et protestent contre l’autorité en place. Mais la dictature du lieutenant, autoproclamé Colonel depuis octobre 1971, s’intensifie et, comme auparavant, le président fait arrêter ses proches du gouvernement. Le régime de Moussa Traoré est confronté à des manifestations de plus en plus nombreuses, menées par les lycéens et les étudiants dès le début de l’année 1977. Il organise des élections, en 1979, où il est le candidat unique, et les remporte. Mais les manifestations et protestations se poursuivent et de nombreux partis politiques se créent et s’insurgent contre le pouvoir en place. Dans le même temps, une nouvelle rébellion Touareg éclate dans le nord du pays. Le 26 mars 1991, un Lieutenant-Colonel nommé Amadou Toumani Touré prend les choses en main et procède à l’arrestation de Moussa Traoré. Il est condamné à mort en février 1993 mais sera gracié en 2002.

Un gouvernement de transition est formé avec des militaires, des représentants de partis civils et les rebelles Touaregs. Il est présidé par Amadou Toumani Touré. Une nouvelle Constitution est adoptée le 12 janvier 1992 et une élection présidentielle se tient les12 et 26 avril 1992. C’est la première élection démocratique depuis Modibo Kéita. Alpha Oumar Konaré la remporte et devient le premier président de la 3e République. L’année suivante, le  gouvernement lance la matérialisation de son projet de décentralisation du Mali. C’est la première œuvre marquante de la 3e République. Alpha Oumar Konaré se représente en 1997, contre Mamadou Maribatrou Diaby, candidat du Parti pour l'unité, la démocratie et le progrès (PUDP), et est redirigé au poste de président le 8 juin, malgré de multiples critiques et appels au boycott de la part des partis d’opposition. Le 1er septembre 2001, la direction du pays change de main à l’issue d’une nouvelle élection présidentielle qui oppose, cette fois, Amadou Toumani Touré, qui a démissionné de l’armée pour pouvoir prétendre au fauteuil présidentiel, à Soumaïla Cissé, ancien ministre. C’est Amadou Toumani Touré qui la remporte. Il renforce rapidement les relations commerciales, politiques et culturelles avec les pays du Moyen-Orient, la Chine et les Etats-Unis d’Amérique. Lorsqu’il se présente à sa propre succession, le 29 avril 2007, les résultats, plutôt contestés, le donnent à nouveau vainqueur. Quatre ans plus tard, en octobre 2011, un nouveau foyer de rébellion éclate dans le nord, mettant en péril l’unité du territoire malien. La violence dans cette zone s’intensifie dès janvier 2012 et voit la défection de l’armée malienne dans les plus grandes villes du nord. Jugé incapable d’assurer la sécurité de l’Etat, Amadou Toumani Touré est victime d’un coup d’Etat militaire conduit par le capitaine Amadou Haya Sanogo, le 22 mars 2012. Il supprime la constitution et suspend les institutions de l’Etat. Mais décrié par l’opposition politique malienne et l’ensemble de la Communauté internationale, il rend le pouvoir aux autorités civiles, quelques mois plus tard et après une nouvelle élection présidentielle qui se tient les 28 juillet et 11 août 2013, Ibrahim Boubacar Keïta prend fonctions, le 4 septembre plus précisément, et devient le premier président de la 4e République. Il se succède à lui-même, 5 ans plus tard, à l’issue de l’élection présidentielle qui se tient les 29 juillet et 12 août 2018.

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