Les autorités maliennes de transition ont interdit la circulation des motos de 125 cm³ et plus en dehors des grands centres urbains, afin de limiter la mobilité des groupes armés djihadistes qui utilisent ces engins pour leurs attaques dans le Sahel. L’importation, la vente et la distribution de ces véhicules sont également suspendues sur l’ensemble du territoire.
Une mesure sécuritaire contre les groupes armés
Le décret, publié cette semaine, cible spécifiquement les motos de cylindrée supérieure ou égale à 125 cm³. Leur circulation est désormais prohibée hors des zones urbaines, là où l’armée malienne mène des opérations contre les insurgés islamistes depuis plusieurs années. « Ces engins permettent aux groupes terroristes des déplacements rapides sur les pistes et dans les zones reculées, rendant les interventions des forces de sécurité plus complexes », explique un responsable du ministère de la Défense. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte antiterroriste, alors que le Mali reste en proie à une insurrection djihadiste qui a fait des milliers de morts et poussé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers. Les autorités espèrent réduire la capacité opérationnelle des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, qui contrôlent encore de vastes étendues rurales.
Importation, vente et exceptions prévues
Le décret ne se limite pas à la circulation. Il suspend également l’importation, le transit, la commercialisation, la vente ainsi que la distribution gratuite des motos concernées et de leurs accessoires. Une mesure qui pourrait affecter le petit commerce et les déplacements des populations rurales, même si le gouvernement assure prioriser la sécurité nationale. Des exceptions sont néanmoins prévues : les capitales régionales, la ville de Bamako et certaines localités urbaines restent autorisées à circuler avec ces cylindrées. La durée de la restriction n’a pas été précisée. Les autorités maliennes, régulièrement critiquées pour leur gestion sécuritaire, espèrent ainsi marquer un coup d’arrêt face aux attaques de plus en plus meurtrières, sans pour autant paralyser la vie économique des grandes villes.
Aristide HAZOUME