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Face à la montée des tensions xénophobes et à un durcissement des politiques migratoires, plus de 3 500 ressortissants malawiens ont quitté l’Afrique du Sud ces dernières semaines. Entre retours volontaires et expulsions, les autorités des deux pays tentent de gérer un afflux qui dépasse les prévisions, alors que les centres de transit sud-africains sont submergés.

Un exode qui prend de l’ampleur

L’opération de rapatriement des Malawiens vivant en Afrique du Sud s’accélère, dans un climat social de plus en plus tendu. Selon les derniers chiffres communiqués par la Haute Commission du Malawi à Pretoria, 1 549 personnes sont déjà arrivées dans leur pays d’origine, tandis que 1 260 autres sont actuellement en route. À ces départs volontaires s’ajoutent près de 700 ressortissants expulsés par les autorités sud-africaines, ainsi qu’environ 700 autres rapatriés grâce à un appui logistique des deux gouvernements.

La haute-commissaire du Malawi en Afrique du Sud, Stella Ndau, a souligné que l’ampleur du mouvement dépasse largement les projections initiales. « Nous mobilisons toutes nos ressources pour faire face à cette situation inédite », a-t-elle déclaré, alors que le gouvernement malawien estime qu’environ 10 000 de ses citoyens souhaiteraient rentrer depuis l’Afrique du Sud. Ce brusque exode fait suite à une série de manifestations contre l’immigration irrégulière, notamment à Durban, Johannesburg et dans plusieurs autres grandes villes sud-africaines. Face à la montée des violences verbales et physiques, les autorités de Pretoria ont appelé au calme, tout en réaffirmant leur volonté de réguler les flux migratoires.

Des centres saturés et des retards logistiques

Devant l’afflux de candidats au départ, l’Afrique du Sud a entrepris la construction d’un deuxième centre de transit à Durban, destiné à soulager la pression qui pèse sur le site de Sherwood. Ce premier centre, conçu pour une capacité bien moindre, accueille actuellement près de 10 000 personnes familles, femmes et enfants pour la plupart dans des conditions de vie précaires. De nombreux Malawiens témoignent de leur détresse : sans emploi, sans ressources et parfois sans papiers, ils n’ont d’autre choix que de compter sur les convois gratuits organisés par les autorités pour rentrer chez eux.

Mais les procédures judiciaires obligatoires pour les migrants en situation irrégulière, couplées à une pénurie d’autocars disponibles, ralentissent considérablement les opérations. Résultat : des listes d’attente s’allongent et des familles entières dorment encore dans des abris de fortune, dans l’attente d’un départ. Cette situation n’est pas isolée. Plusieurs pays africains, dont le Ghana, le Nigeria et le Mozambique, ont également lancé des opérations similaires pour rapatrier leurs ressortissants, témoignant d’une pression migratoire croissante dans toute la région australe.

Aristide HAZOUME 

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