Enseignant devenu coiffeur, Emmanuel Akuoko a tout quitté. Victime d’un climat hostile et de blocages administratifs, il a été rapatrié au Ghana. Son témoignage illustre les violences ordinaires subies par les migrants.
Emmanuel Akuoko est rentré au Ghana les mains vides. Il a dû liquider son salon de coiffure en quelques jours. Installé en 2014, il avait promis à sa famille de revenir après avoir réussi. Mais le rêve s’est fracassé. D’abord, les obstacles administratifs l’ont privé de son statut légal d’immigrant en 2018. Enseignant, il a dû se reconvertir. Les autorités n’ont pas renouvelé ses papiers de résidence.
Un rejet qui s’installe au quotidien
L’hostilité ne s’est pas limitée aux formalités. Elle est devenue une norme sociale dans son quartier. « Un petit garçon me demandait quand je retournais dans mon pays », confie-t-il. Des vidéos de violences circulent dans les communautés. La peur de sortir s’est installée. Les attaques visant les étrangers s’intensifient. Le président Ramaphosa rejette les accusations contre les migrants, mais le climat est lourd.
Un départ précipité et douloureux
Le gouvernement ghanéen a organisé son rapatriement face aux violences xénophobes . Son salon a été vendu à perte pour 600 dollars. Une église en construction a été abandonnée. Aujourd’hui, une promesse familiale est brisée. « Nous voulions revenir après avoir réussi », déplore-t-il. Son histoire est celle de nombreux ressortissants, victimes d’un racisme ordinaire.
Aristide HAZOUME