À l’occasion de la Journée mondiale du lion, ce 10 août, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Avec une population estimée entre 2 500 et 2 600 individus, le Kenya voit ses fauves victimes de la perte de leur habitat et des conflits avec les éleveurs.
La pression humaine ne cesse de croître sur les lions d’Afrique. Selon l’Africa Wildlife Foundation, le continent a perdu 43 % de ses lions en vingt ans. Au Kenya, la situation est critique. “Les populations sont confrontées à la perte et à la fragmentation de leur habitat”, alerte Philip Muruthi, vice-président de l’organisation.
Quand le bétail chasse les fauves
Les recherches menées dans le Masai Mara révèlent un phénomène inquiétant. Les lions évitent les zones fréquentées par le bétail, même après le départ des animaux. Cette fuite réduit leur espace vital. Elle les pousse aussi vers les habitations. Résultat : les attaques sur le bétail se multiplient, alimentant un cycle de représailles.
Le poison, arme de représailles
Pour se venger, certains éleveurs utilisent du Furadan, un pesticide. Début 2026, six lions et des dizaines de vautours ont été empoisonnés dans la région d’Amboseli. Le drame ne s’arrête pas là. Entre juin et juillet, 16 éléphants sont morts suspectés d’un empoisonnement au cyanure. “Comment transformer la faune en atout ?”, interroge Philip Muruthi. Pour lui, la solution passe par des emplois et une réduction du coût de la cohabitation. Protéger les lions, c’est aussi soutenir les communautés locales.
Aristide HAZOUME