La Haute Autorité de la Communication a adressé mercredi une mise en demeure officielle à France 24. Le régulateur reproche à la chaîne française un « qualificatif inapproprié » envers le président Mamady Doumbouya. Une décision qui illustre la pression croissante sur les médias en Guinée.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a formellement mis en demeure France 24 le 16 septembre 2026. Dans sa décision n°0031/HAC/2026, le régulateur accuse la chaîne d’avoir « délibérément utilisé un qualificatif inapproprié » pour désigner le chef de l’État. Lors de l’édition d’information du 15 septembre, un présentateur avait qualifié Mamady Doumbouya de « président putschiste ». La HAC estime que France 24 a « sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes ».
La chaîne évoque une « erreur en direct »
France Médias Monde a réagi rapidement à la mise en demeure. La direction évoque une « erreur commise en direct » ayant omis l’élection présidentielle de décembre 2025. La chaîne a annoncé son intention de présenter des excuses officielles. Elle s’engage à procéder aux rectifications nécessaires sur ses antennes. La HAC exige des corrections sur toutes les plateformes numériques. Elle « se réserve le droit d’imposer des sanctions » en cas de récidive.
Un climat de répression croissant
Mamady Doumbouya est arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021. Il a été élu président en décembre 2025, lors d’un scrutin sans opposition significative. Depuis sa prise de pouvoir, les partis politiques ont été dissous et les manifestations interdites. De nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés ou forcés à l’exil. La HAC a également retiré l’accréditation du correspondant de Jeune Afrique, accusé de « fautes professionnelles ». Cette décision n’est pas une première pour le régulateur guinéen, qui a suspendu plusieurs médias par le passé.
Aristide HAZOUME