Société

Centrafrique : Des réfugiées du Soudan accouchent sans aide médicale

À Birao, dans le nord-est de la République centrafricaine, des réfugiées soudanaises donnent la vie dans des conditions alarmantes. La réduction des financements humanitaires fragilise les services de santé maternelle et multiplie les risques pour les mères et les nouveau-nés.

À Birao, des femmes livrées à elles-mêmes

Maude Ahmad Fadala n’oubliera jamais son accouchement. Réfugiée soudanaise installée sur le site de Korsi, près de Birao, elle a mis au monde son enfant au bord d’une route, sans aucune assistance médicale. Affaiblie par une maladie et sans moyen de transport, elle a tenté de rejoindre l’hôpital à pied. Mais les contractions l’ont immobilisée avant son arrivée. Comme elle, de nombreuses femmes enceintes n’ont plus accès à un suivi médical régulier. Les consultations prénatales restent insuffisantes, et les accouchements non assistés se multiplient dans cette région frontalière. Les équipes médicales de l’hôpital de district de Birao constatent une hausse des cas compliqués. Beaucoup de femmes arrivent tardivement, souvent sans aucun suivi préalable. Cette situation accroît les risques de complications graves, tant pour les mères que pour les nouveau-nés.

Les coupes budgétaires aggravent la crise sanitaire

La dégradation de la prise en charge maternelle est directement liée à une baisse importante des financements internationaux. Plusieurs services soutenus par l’UNFPA ont fermé leurs portes : espaces d’accueil, dispositifs de transport sanitaire et postes de sages-femmes ont disparu. Selon l’UNFPA, la République centrafricaine accueille plus de 59 000 réfugiés et demandeurs d’asile. Les femmes et les enfants représentent plus de 80 % de cette population. Parallèlement, 2,3 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire dans le pays.

La pression s’accentue particulièrement à Birao. Depuis le début du conflit au Soudan, l’afflux de réfugiés surcharge des infrastructures déjà fragiles. Les chiffres demeurent préoccupants. La Centrafrique enregistre environ 829 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes l’un des taux les plus élevés au monde. Les Nations unies alertent sur un risque accru de mortalité maternelle si les financements ne sont pas rapidement renforcés. Sur le terrain, les conséquences sont immédiates : accouchements à domicile, infections non traitées, urgences obstétricales prises en charge trop tardivement. Plus de 40 % des naissances surviennent encore hors des structures sanitaires du pays.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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