Société

Démolition de Koumassi : Le suspect arrêté

L’arrestation de Jacques Alloui Brou, un homme d’affaires de 76 ans, a été annoncée ce vendredi par les forces de sécurité ivoiriennes. Il est soupçonné d’avoir utilisé un faux document judiciaire pour justifier la destruction d’une partie du camp de Koumassi, le 3 juin dernier. Une affaire qui suscite une vive émotion à Abidjan.

Une interpellation qui soulève des questions

Jeudi, à Port-Bouët, la police ivoirienne a interpellé Jacques Alloui Brou. L’information, confirmée vendredi par un porte-parole des forces de sécurité, met en lumière une affaire aussi sensible que médiatique. L’homme d’affaires, âgé de 76 ans, est accusé d’avoir produit un document judiciaire dont l’authenticité est contestée. Ce papier aurait servi à justifier l’envoi de bulldozers sur le camp de Koumassi, quartier populaire situé aux portes du centre-ville d’Abidjan. Le 3 juin, des engins de chantier ont rasé plusieurs dizaines d’habitations, plongeant des familles entières dans la détresse. Des habitants, toujours sans solution de relogement, expriment leur colère face à cette destruction massive. Les autorités publiques se sont empressées de prendre leurs distances. Aucune administration ne revendique avoir donné un feu vert à cette opération, et le gouvernement affirme n’avoir été ni informé, ni impliqué.

Un faux document et des accusations graves

L’affaire a pris une tout autre tournure lorsqu’une vidéo, mise en ligne sur Facebook par Jacques Alloui Brou lui-même, a refait surface. Dans celle-ci, il revendique ouvertement la démolition, assurant s’appuyer sur une décision de justice. Mais le procureur d’Abidjan, Oumar Braman Koné, a formellement démenti cette version. Selon lui, le document invoqué n’autorisait aucune destruction de bâtiment. Un mandat d’arrêt a donc été délivré et l’enquête confiée aux services judiciaires. Le parquet évoque plusieurs infractions potentielles :

· troubles à l’ordre public,
· destruction volontaire de biens,
· coups et blessures.

Ces faits sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. L’enquête se poursuit. Les autorités cherchent désormais à établir précisément l’origine du document litigieux, mais aussi à quantifier l’ampleur des préjudices subis par les victimes.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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