Politique

Espagne : L’affaire Zapatero plonge Madrid dans la crise

L’Espagne traverse une nouvelle tempête politique après la mise en examen de José Luis Rodríguez Zapatero. L’ancien Premier ministre socialiste est poursuivi pour trafic d’influence et blanchiment d’argent. Cette affaire fragilise davantage le gouvernement de Pedro Sánchez, déjà confronté à plusieurs scandales judiciaires touchant son entourage proche.

L’affaire Plus Ultra secoue la classe politique espagnole

L’Audience nationale espagnole a mis en examen José Luis Rodríguez Zapatero le 19 mai. L’ancien dirigeant socialiste doit répondre de plusieurs accusations financières graves. L’enquête porte sur le sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra en 2021. Cette entreprise avait reçu 53 millions d’euros pendant la pandémie de Covid-19. Le gouvernement espagnol considérait alors cette compagnie comme stratégique pour l’économie nationale, alors qu’elle ne desservait que quelques destinations latino-américaines.

Selon les enquêteurs, José Luis Rodríguez Zapatero aurait facilité ce renflouement controversé. Des versements suspects auraient ensuite transité par plusieurs sociétés offshore. Le dossier judiciaire mentionne également des liens financiers entre l’Espagne, le Venezuela et Abou Dabi, ainsi que des entreprises liées à des proches du régime de Nicolás Maduro. L’ancien chef du gouvernement nie fermement toutes les accusations et affirme avoir toujours respecté la loi espagnole. Le juge José Luis Calama doit l’entendre officiellement le 2 juin prochain.

Pedro Sánchez sous pression après ce nouveau scandale

Cette affaire provoque une onde de choc au sein du Parti socialiste espagnol (PSOE). José Luis Rodríguez Zapatero reste une figure historique importante de la gauche espagnole, lui qui a porté plusieurs réformes sociétales majeures entre 2004 et 2011, et soutenait activement Pedro Sánchez depuis plusieurs années. Pour de nombreux analystes politiques, cette mise en examen représente une crise institutionnelle majeure : aucun ancien chef du gouvernement espagnol n’avait connu une telle situation judiciaire.

Pedro Sánchez a publiquement affiché son soutien à José Luis Rodríguez Zapatero et appelle au respect de la présomption d’innocence. L’opposition réclame quant à elle la démission immédiate du chef du gouvernement, d’autant que plusieurs de ses proches restent visés par des enquêtes judiciaires. Malgré les critiques, le Premier ministre exclut toujours la tenue d’élections législatives anticipées.

Aristide HAZOUME

redacteur3.0

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