Plus de 50 millions d’Éthiopiens votent ce lundi. Ce scrutin législatif pourrait offrir un nouveau mandat au Premier ministre Abiy Ahmed. L’opposition dénonce toutefois des conditions électorales inégales dans plusieurs régions du pays.
Les Éthiopiens élisent leurs députés et représentants régionaux ce lundi. Le Parlement issu de ce vote désignera ensuite le prochain Premier ministre. Au pouvoir depuis 2018, Abiy Ahmed brigue un nouveau mandat. Son parti, le Parti de la prospérité, apparaît comme le grand favori du scrutin. Plus de 11 000 candidats issus de 47 partis participent à ces élections. Pourtant, plusieurs formations dénoncent des restrictions d’ordre politique et sécuritaire. Les élections ne se tiennent pas dans la région du Tigré. Les autorités électorales évoquent des conditions défavorables. Des circonscriptions d’Amhara sont également exclues du vote pour des raisons de sécurité. Dans plusieurs zones, les affrontements opposent encore les forces gouvernementales aux groupes armés Fano et au Front de libération oromo. L’opposition affirme avoir subi des menaces et des obstacles administratifs. Certains partis n’ont pas pu présenter de candidats dans plusieurs circonscriptions.
Durant sa campagne, Abiy Ahmed a mis en avant plusieurs projets majeurs. Il cite notamment le grand barrage de la Renaissance et la modernisation d’Addis-Abeba. Le gouvernement souligne aussi la croissance économique et les investissements touristiques. Les autorités annoncent une croissance supérieure à 10 % pour 2026. Les opposants dénoncent cependant une hausse persistante du coût de la vie. Ils évoquent également un recul des libertés politiques et médiatiques.
Plusieurs observateurs estiment que l’opposition reste affaiblie et fragmentée. Certains responsables politiques demeurent en exil ou font face à des poursuites judiciaires. Le scrutin doit renouveler les 547 sièges de la Chambre des représentants. Le Parti de la prospérité domine actuellement largement l’assemblée. Des missions d’observation de l’Union africaine et de l’IGAD suivent le processus électoral. Elles sont chargées d’évaluer la transparence et la régularité du vote. Les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, dans un contexte marqué par l’insécurité et les contestations politiques.
Aristide HAZOUME
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