Société

France : Le Sénat examine le rapatriement des dépouilles kali’nas vers la Guyane

Le Sénat français étudie ce mardi 28 avril une proposition de loi relative au rapatriement des dépouilles kali’nas. Le texte concerne des restes humains conservés au Musée de l’Homme à Paris depuis le XIXe siècle. Ils proviennent d’Amérindiens déportés lors des expositions coloniales de 1892. Le gouvernement soutient la procédure accélérée, annoncée par la ministre de la Culture Rachida Dati. Cette initiative répond à une demande ancienne des descendants kali’nas en Guyane. Le vote final est attendu lors d’une prochaine séance parlementaire prévue en mai.

Une proposition de loi soutenue par le gouvernement

La proposition est portée par la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly. Elle vise la sortie des collections du Musée de l’Homme pour ces restes humains. Les sénateurs Max Brisson et Pierre Ouzoulias figurent parmi les co-signataires du texte, aux côtés de la sénatrice de Guyane Marie-Laure Phinéra-Horth. Le dispositif prévoit la restitution des dépouilles à la Guyane dans un délai d’un an. Le gouvernement a confirmé son soutien à cette démarche législative accélérée. Les autorités françaises souhaitent encadrer juridiquement la restitution des restes humains. En 2023, une loi-cadre a été adoptée, mais elle excluait les territoires ultramarins un point juridique central dans les discussions actuelles au Sénat. Les élus de Guyane, dont le député Jean-Victor Castor, défendent une reconnaissance officielle et rapide du processus.

 

Une mémoire coloniale au cœur du débat

Les dépouilles concernées proviennent d’un épisode colonial datant de 1892. Elles ont été prélevées lors d’expositions organisées au jardin d’acclimatation de Paris. Selon les descendants, plusieurs personnes ont été déplacées de force depuis la Guyane vers la France ; certaines y ont perdu la vie. Les restes de six individus sont encore conservés au Musée de l’Homme. L’association Moliko Alet+po porte la demande de restitution depuis plusieurs années. Sa représentante, Corinne Toka Devilliers, rappelle l’importance du retour des ancêtres en Guyane. Un mémorial a été inauguré à Iracoubo pour accueillir les dépouilles à leur arrivée. Les autorités locales estiment que cette restitution constituerait un acte de reconnaissance historique.

Le débat relance ainsi la question de la mémoire coloniale et du traitement des collections muséales françaises. Le projet de loi prévoit une remise officielle des restes humains à des fins funéraires. Les discussions parlementaires se poursuivent avant un vote décisif attendu en mai. Les acteurs concernés suivent de près l’évolution du texte au Sénat. Cette initiative s’inscrit dans un processus plus large de restitutions patrimoniales en France.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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