• CINEMA : FESPACO 2021, REPORTE A UNE DATE ULTERIEURE

    Le Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est l’un des plus grands festivals de cinéma africain et l’un des rares festivals de cinéma d’Etat encore existant dans le monde. Créé en 1969 sous le nom de Premier Festival de Cinéma Africain de Ouagadougou, il est célébré tous les deux ans à Ouagadougou (Capitale du Burkina Faso). Son ambition première était de faire connaître les réalités de l’Afrique. Au fil des années, le FESPACO s’est donné pour mission de valoriser la diffusion de toutes les œuvres du cinéma africain à l’intérieur ou à l’extérieur du Burkina Faso, être un cadre d’échanges entre professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et contribuer à l’essor, au développement et à la sauvegarde du cinéma africain.

     

    La vingt-septième édition du FESPACO était prévue pour se dérouler du 27 février au 06 mars 2021. Et pour l’effectivité de cette édition, un atelier international s’est tenu, les 12 et 13 octobre 2020, à Ouagadougou dans le cadre de l’organisation dudit festival en tenant compte du contexte de la pandémie de la maladie à coronavirus, sécuritaire et post électoral.

    L’ex-ministre de la Culture Burkinabè, Abdoul Karim Sango avait déclaré à propos du FESPACO qu’: « il est nécessaire que nous puissions nous pencher sur les défis de l’heure, afin de déboucher sur des pistes, voies et moyens de la tenue de notre prochaine biennale en dépit de la persistance du contexte sanitaire et sécuritaire inquiétant », puis il rassura qu’ : « il est exclu pour le gouvernement du Burkina Faso que nous fassions une impasse sur cet évènement qui constitue la voix du cinéma africain dans le monde » et d’insister qu’: « il est complètement exclu dans l’esprit du gouvernement du Burkina Faso que le FESPACO ne se tienne pas et nous avons beaucoup d’attentes. Il s’agit d’aborder les 50 prochaines années avec un FESPACO véritablement réussi ».

     

                    Cependant, au sortir du conseil des ministres du 29 janvier 2021, un point de presse animé par le ministre de la Communication, des Relations avec le Parlement et Porte-parole du gouvernement (Burkina Faso) Ousseni TAMBOURA, affirme que, compte tenu de la situation de la pandémie de la COVID-19 notamment, 120 décès et plus de 10 000 cas confirmés au Burkina Faso, le FESPACO est reporté à une date ultérieure.

  • Culture : les rythmes du balafon pour promouvoir l’intégration entre les habitants du village de Hiela, au Burkina Faso

     

    Promouvoir le vivre-ensemble pour créer un havre de paix et un esprit de cohésion entre les habitants de Hiela, commune de Boura, province de la Sissili et ceux des villages voisins, c’est le combat désormais annuel de l’Association Ossofièlo Gmèno, Hièlbè Langtaar (ASSOGHIL), pilotée par SOME K. Jean de Dieu.

      Les balafonistes

    Le 02 janvier 2021, les habitants du village de Hiela et leurs voisins se sont mobilisés pour la célébration de leur diversité culturelle. Cette célébration dénommée : « Fête d’intégration du Village de Hiela », est une initiative citoyenne de promotion du vivre-ensemble et de transfert des valeurs et produits culturels endogènes. Lancée le 2 janvier 2015, , cette fête est considérée comme un cadre communautaire de dynamisation des valeurs culturelles des habitants de Hiela et de leurs voisins. Tout comme les années passées, la population du village de Hiela composée de Sissala, de Dagara, de Mossi et de Peulh s’est mobilisée massivement pour partager ses savoirs culturels et parler de paix et de cohésion. De l’avis des initiateurs, la fête de l’intégration se veut être un cadre de brassage interculturel, de sensibilisation, de conscientisation et de la promotion de l’engagement citoyen. C’est aussi une occasion pour valoriser les talents et les savoir-faire des habitants.

     Remise du prix à Gnourbètiwr PODA, gagnant du prix Bernard-Woma du Meilleur balafoniste, par Dr. Fidel HIEN

    Une journée aux contenues variées

     Le village a rythmé au son des balafons sissala et dagara, aux pas des troupes de danse et au suspense des jeux de compétition. En prélude à la ladite journée, une formation au thème : « Cohésion sociale et développement communautaire : rôle et place des femmes et des groupes d’autodéfense », a été donnée par monsieur Dieudonné PODA, ambassadeur de la paix de Educpaix Burkina.

     

    Les sentiments du comité d’organisation

     

    Pour Kountiala Jean de Dieu SOME du comité d’organisation, cette édition s’est bien passée et a drainé un monde satisfaisant malgré le contexte de la Covid-19. Il estime que la paix se construit à la base ; c’est pourquoi promouvoir le vivre-ensemble au niveau des villages est bénéfique, d’autant qu’il permet de gérer au mieux les conflits, de les prévenir et de promouvoir aux seins des ethnies un havre de paix et du vivre-ensemble. Il tire un bilan positif et les regards sont déjà tournés vers la prochaine édition.

     

    Hiela envoie un signal fort à la promotion de la paix et de l’intégration. Ne serait-il pas judicieux dans les actions de recherche de la cohésion sociale de prendre en compte les expériences de telles initiatives citoyennes ? Hiela a lancé les dés. A qui le tour ?

     

    OUEDRAOGO Paulin

     

  • Les Scarifications faciales en pays africains « Authenticité culturelle ou barbarie ? »

    La scarification se définit comme une pratique ethnique consistant à effectuer une incision superficielle sur la peau d’un individu aussi bien sur les tempes, les joues, le front que le corps notamment l’abdomen et le dos. Cette pratique vise à laisser des cicatrices indélébiles sur le corps au nom de la tradition. Dans plusieurs anciennes sociétés africaines, être scarifié était nécessaire, voire crucial. C’était de ce fait synonyme d’avoir un titre de citoyenneté dans une société donnée.  Autrefois, c’était un trait de beauté, et ceux qui n’en avaient pas étaient traités de laids, de pauvres et de non civilisés. Ainsi c’est une forme de culture et d’art que les peuples africains ont développée. Cette forme de culture jugée d’antan de valeureuse et d’authentique pour certains, est aujourd’hui qualifiée de barbare pour d’autres.

     Etat des lieux

    Au XVIIIe siècle, en Afrique, les marques sur le visage permettaient d’identifier les membres d’un même clan, d’une même confession religieuse, d’une même classe sociale. En somme, c’était une sorte de carte d’identité. Ces marques revêtaient également une signification particulière ; soit le rituel de passage à l’âge adulte, ou encore l’appartenance à un groupe restreint. C’était également une manière de contourner l’esclavage, au cours des guerres et des conflits. Les négriers se détournaient des personnes portant des marques sur le visage et sur le corps. On pouvait donc à l’époque, qualifier cet acte d’utile. Chez les garçons, les scarifications interviennent souvent au moment de la circoncision et chez les filles avant le mariage tout compte fait, à l’instar du rite de passage, les séances de scarifications sont très souvent accompagnées d’une cérémonie à la manière de l’excision. 

    Scarification faciale en Afrique au début des années 1940

    Dans les localités traditionnelles, les enfants qui n’ont pas de cicatrice, de scarification étaient sujets de moqueries dans les écoles. De nos jours, contrairement aux temps anciens, cette pratique a tendance à être qualifiée soit de barbare soit de rétrograde.

    Pourquoi cette pratique a basculéà l’ère de la modernisation ?

    Parfois, les scarifications sont faites dans un but thérapeutique autrement dit pour soigner certains maux comme les maux de ventre, de tête, l’épilepsie, de maladie neurologique. Quoi qu’on dise, depuis des siècles, les scarifications ont été utilisées en Afrique pour indiquer l'héritage d'une personne. Cependant, dans un contexte de modernisation, le regard des autres est quelquefois pesant. La preuve est que, madame Kaboré Djeneba, gérante d’une boutique au Burkina Faso, vit aujourd’hui sous le poids de ses cicatrices. Elle s’exprime donc en ces termes : « Les gens trouvent ça beau, moi je trouve ça laid.  Nous ne sommes pas comme les autres. Auparavant j’aimais mes cicatrices et je m’en vantais. Mais aujourd’hui, en ville, ce n’est plus la mode ». De nos jours, la tradition, qui se perd lentement mais surement au profit de la modernisation imposée par les autorités religieuses et gouvernementales, a progressivement freiné cette pratique qui serait qualifiée de barbare. Aussi, il serait judicieux de citer les différentes sensibilisations menées sur les enjeux sanitaires qui pourraient en découler, puisque les outils qui sont utilisés seraient non jetables d’où la pérennisation de la tradition ancestrale. Les risques d’infection, de contamination, notamment le SIDA, le tétanos, sont entre autres des raisons qui ont freiné cette pratique. Somme toute, il ressort que les scarifications dans nos sociétés africaines anciennes, étaient une pratique authentique. Aujourd’hui, dans un contexte de brassage culturel et de modernisation, les mentalités ont changé. Ainsi,  il n’y a plus de problème d’identité vu que chaque individu adulte a une pièce d’identité, qui lui permet de s’identifier et d’être identifié dans la société. Aussi, avec l’abolition de la traite négrière, se faire balafrer pour se protéger de la traite, n’est plus nécessaire.   De ce fait, les traditionalistes n’auraient donc plus d’arguments solides pour convaincre les modernistes sur le bienfondé de ladite pratique.

     

      DA Yeri

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