Confrontée à la pandémie de la COVID-19 avec plus de 23 000 cas confirmés et plus de 600 décès, la République Démocratique du Congo (RDC) faisait face à la onzième épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Equateur dans le Nord-Ouest ; elle a causé la mort de 55 personnes sur 130 cas dénombrés. Par ailleurs, après la déclaration de la guérison du dernier cas le 16 octobre 2020. Il a été annoncé officiellement le 18 novembre 2020 la fin de la onzième vague de l’épidémie.

Cependant, un décès dû à l’épidémie a été déclaré dans le village de Biena (territoire de Butembo) dans le Nord-Kivu (Est) après analyse d’échantillon de sang de la victime avant sa mort le 03 février 2021. En effet, comme l’a souligné le ministre congolais de la Santé Eteni Longondo à la télévision nationale le 07 février 2021 en ces termes : « il s’agit d’une cultivatrice, épouse d’un survivant à virus Ebola, ayant présenté en date du 01 février, les signes types de cette maladie ». Plus loin il ajouta : «il y a une résurgence du virus d’Ebola à l’Est de la RDC ».

En outre, pour freiner la propagation de cette épidémie dans la zone, « des épidémiologistes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont en train d’enquêter sur place » et « plus de 70 contacts ont été identifiés », écrit le Bureau Afrique de l’OMS dans un communiqué du 07 février 2021 de Brazzaville. En affirmant que « la désinfection des sites visités par le patient est également en cours », puis il précise que Butembo « était l’un des épicentres de la précédente éidémie d’Ebola dans l’Est de la RDC » et qu’il « n’est pas rare que des cas sporadiques surviennent après une épidémie majeure ».

Par la suite, un second cas décès dû à ce virus a été enregistré dans la même région l’a indiqué le Bureau de l’OMS dans un tweet : « à la date du 10 février 2021, l’OMS a reçu la notification d’un 2ème cas confirmé dans la zone de santé de Masoya », en précisant qu’il s’agissait d’une cultivatrice de 60 ans, ayant : « un lien épidémiologique avec le premier cas », décédée le 10 février 2021. Cependant, lors d’une réunion virtuelle le 11 février 2021, le Directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a affirmé qu’avec ce deuxième cas d’Ebola, plus de 200 contacts ont été identifiés. Et que les épidémiologistes de l’OMS sont sur le terrain pour enquêter.

Certes, une douzième vague de l’épidémie n’a pas encore été déclarée. Mais en mi-novembre 2020 le ministre congolais de la Santé avait prévenu que : « le risque élevé de résurgence (de la maladie à virus Ebola) reste permanent ». De ce fait avec ce nouveau cas d’Ebola le pays risque d’être confronté à une douzième épidémie d’Ebola.

Origine de la maladie

La maladie à virus Ebola, autrefois appelée fièvre hémorragique à virus Ebola est due au virus Ebola, qui appartient à la famille des filoviru. Cette maladie apparue pour la première fois en 1976 a été identifiée par Peter Piot et une équipe internationale dont le professeur congolais Muyembe, lors de deux flambées simultanées, l’une à Nzara une zone isolée (aujourd’hui Soudan du Sud) et l’autre dans un village appelé Yambuku, qui se trouve près de la rivière Ebola en RDC, d’où le nom de la maladie.

 

Mode de transmission et symptômes

Par ailleurs, le virus Ebola aurait comme hôte naturel certaines chauves-souris et peut être transmise à d’autres espèces animales (singes, chimpanzés, gorilles, antilopes, porcs épics, …) puis à l’homme par les fluides corporels d’animaux sauvages (sang, sécrétions, organes ou liquides biologiques). Aussi, aux populations par transmission interhumaine à la suite de contact direct avec le sang ou liquide biologique d’une personne atteinte ou décédée d’Ebola, ou encore avec des objets qui ont été contaminés par des liquides biologiques provenant d’un sujet ou d’un corps d’une personne décédée de cette maladie.

Cependant, la durée d’incubation du virus varie de 2 à 21 jours et les premiers symptômes possibles de la maladie sont une fièvre, des maux de tête, mal de gorge, des douleurs musculaires et des frissons. S’en suit des vomissements, la diarrhée, l’éruption cutanée, des symptômes d’insuffisance rénale et l’hépatite ou la toux avec expectoration de sang et, dans certains cas une hémorragie interne et externe (exemple, saignement de gencives, sang dans les selles). Mais, il convient de signifier que les sujets humains ne sont pas contagieux tant qu’ils ne développent pas les symptômes. 

Soulignons que l’épidémie d’Ebola, depuis son identification en 1976 a été plus grave vers fin décembre 2013 en Guinée, avant de s’étendre au Libéria, puis à la Sierra Leone causant plus de victimes dans ces trois pays. Cependant des cas moindres ont été enregistrés au  Mali, au Nigeria et au Sénégal. Il y a eu également une exportation de quelques cas Occident notamment, l’Espagne, les Etats Unis, le Royaume-Uni et l’Italie.  Entre 2014 et 2016 la résurgence de la maladie à virus Ebola a touché dix pays.

Les efforts d’éradication

Dans le but de stopper la propagation de cette épidémie, plusieurs actions ont été menées surtout, la prise en charge des cas de contagions par isolation puis, la désinfection de l’environnement des sujets et plusieurs campagnes de sensibilisation à la manipulation et la consommation d’animaux sauvages (voire l’interdiction). Dans cette situation, pour freiner l’épidémie et la contagion interhumaine, certaines précautions anti-infectieuses doivent être suivies comme se laver régulièrement les mains, isoler les malades, éviter tout contact de la peau et des muqueuses avec les liquides infectés.

De nombreux vaccins expérimentaux ont montré une certaine efficacité contre l’Ebola notamment, le vaccin nommé EVERBO mis sur le marché en novembre 2019, jugé très efficace par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui protège contre la souche Zaïre du virus Ebola. Or, il en existe six espèces connues qui sont : le Zaïre (Ebov), Soudan (SUDV), Bundibugyo (BDBV), Forêt de Taï (TAFV), Reston (Restv) et Bombali. Les quatre premiers touchent les humains. Si la souche Zaïre est de loin la plus dangereuse et virulente avec un taux de mortalité de 90%, l’émergence ou la réémergence d’autres souches reste possible. D’où l’importance de développer un vaccin contre toutes ces souches de l’Ebola.

Précautions à prendre

Pour se protéger de l’infection par le virus Ebola, il est fondamental d’appliquer des mesures spécifiques de prévention et de lutte, en lavant régulièrement les mains, éviter tout contact avec les liquides biologiques de cas suspects ou confirmés d’Ebola, et en s’abstenant de manipuler ou de préparer les corps d’animaux ou des défunts si le virus d’Ebola est la cause suspectée ou avérée du décès.

 

Par, SAWADODO D. Cyrille

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