Après des années d’attente, Madagascar s’apprête enfin à examiner le projet de loi sur l’accès à l’information publique. Les députés débattront du texte le 18 mai 2026, une réforme censée renforcer la transparence administrative et lutter plus efficacement contre la désinformation.
Le projet de loi sur l’accès à l’information publique arrive devant l’Assemblée nationale après de multiples reports. Les discussions parlementaires ont débuté le 8 mai en commission, et une séance plénière est prévue le 18 mai pour son examen officiel. Ce texte doit faciliter l’accès aux documents administratifs publics, une revendication portée par les journalistes et les citoyens depuis près de vingt ans. Présenté pour la première fois en 2006, le projet avait connu plusieurs reports successifs. Sa nouvelle inscription à l’ordre du jour relance l’espoir de nombreuses organisations civiles.
Selon l’ONG Ilontsera, cette loi renforcerait significativement la transparence publique à Madagascar. Les journalistes se heurtent aujourd’hui fréquemment à des refus d’accès aux informations administratives, certains agents publics craignant des sanctions hiérarchiques ou professionnelles. Par ailleurs, de nombreuses données restent tout simplement indisponibles dans plusieurs administrations. La société civile considère ce texte comme essentiel pour contrer les fausses informations et réclame davantage de transparence dans la gestion publique.
Les organisations civiles souhaitent une mise en œuvre rapide après l’adoption parlementaire, d’autant que plusieurs lois malgaches ne sont toujours pas appliquées faute de décrets d’application. L’ONG Tolotsoa évoque « une transformation du rapport à l’information publique ». Si la loi est appliquée, chaque citoyen pourrait consulter davantage de données administratives officielles, et les journalistes auraient un accès élargi aux rapports publics et ministériels. Cette réforme pourrait également renforcer le traitement des sujets de fond et réduire la polarisation de l’opinion publique, en facilitant la vérification des déclarations gouvernementales.
La société civile entend maintenir sa mobilisation jusqu’à la promulgation finale et réclame des moyens adaptés pour garantir une application effective. À ce stade, le gouvernement malgache n’a pas encore annoncé de calendrier définitif. Les débats parlementaires sont suivis de près par plusieurs organisations internationales spécialisées.
Aristide HAZOUME
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