L’armée malienne et l’Africa Corps russe auraient utilisé des bombes à sous-munitions dans le nord du Mali, selon plusieurs sources sécuritaires et humanitaires. Des organisations locales dénoncent une menace durable pour les populations civiles. Bamako n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations.
Pour la première fois, l’armée malienne aurait eu recours à des bombes à sous-munitions dans le cadre des opérations militaires menées dans le nord du pays. Selon des sources sécuritaires et humanitaires, deux frappes aériennes ont été recensées les 15 et 17 mai derniers, près de Tombouctou et de Kidal. Des images consultées par plusieurs médias montrent une bombe de type RBK-500-2.5, d’origine russe. Les sous-munitions identifiées seraient des modèles ShOAB-0.5, déjà utilisés en Ukraine et en Syrie. Pourtant, le Traité d’Oslo, que le Mali a ratifié, interdit depuis 2010 l’emploi, le stockage, la production et le transfert de ces armes. Selon des spécialistes du déminage, une seule bombe de ce type peut disperser plus de 500 charges explosives. Une partie d’entre elles n’explose pas immédiatement, restant dangereuses plusieurs années après le conflit.
Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a dénoncé ces frappes dans un communiqué publié mardi, affirmant avoir récupéré des restes de munitions non explosées. Des organisations locales de défense des droits humains alertent également sur les risques pour les civils, en particulier les enfants et les éleveurs nomades, qui pourraient être victimes d’accidents. L’Observatoire des mines terrestres rappelle que les civils représentent plus de 90 % des victimes des sous-munitions dans le monde, et que les enfants figurent parmi les plus exposés.
Ces révélations interviennent alors que le Mali traverse une grave crise sécuritaire. Depuis avril, les attaques coordonnées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et du Front de libération de l’Azawad se multiplient. Dans le sud du pays, plusieurs véhicules civils ont également été incendiés près de Faraba. Les groupes jihadistes poursuivent leur pression autour de Bamako, malgré les opérations militaires en cours. Aucune réaction officielle de Bamako n’a été enregistrée à ce stade.
Aristide HAZOUME
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