Un rapport de Human Rights Watch (HRW) accuse les Émirats arabes unis (EAU) d’avoir facilité le déploiement de mercenaires colombiens au Soudan, aux côtés des Forces de soutien rapide (FSR). Ces combattants auraient notamment participé aux violences au Darfour, ravivant les critiques internationales contre Abou Dhabi.
Les accusations contre les Émirats arabes unis s’accumulent dans le conflit soudanais. Dans un rapport publié le 25 mai 2026, Human Rights Watch détaille un soutien militaire indirect aux Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires engagés depuis avril 2023 dans une guerre meurtrière contre l’armée soudanaise.
Selon l’ONG, plusieurs centaines d’ex-militaires colombiens auraient été recrutés à partir de 2024. Les opérations de recrutement auraient été menées par Global Security Services Group, une société de sécurité basée à Abou Dhabi. Les mercenaires auraient ensuite transité par des installations militaires émiriennes, notamment les bases de Ghiyathi et d’Al Wathba. Un ancien combattant colombien, cité dans l’enquête, affirme avoir échappé aux contrôles migratoires classiques : conduit directement vers une base militaire émirienne, il n’aurait reçu aucun tampon d’entrée sur son passeport.
Le rapport, long de 83 pages, décrit plusieurs missions au Darfour. Des mercenaires colombiens auraient pris part aux combats d’El-Fasher en octobre 2025, l’un des principaux foyers du conflit. Les FSR y sont accusées de massacres et de violences sexuelles systématiques. HRW affirme avoir authentifié plusieurs vidéos montrant des combattants colombiens aux côtés des FSR. Un ancien mercenaire témoigne également avoir formé des recrues des FSR près de Nyala, évoquant la présence de très jeunes combattants dans les camps. L’ONU avait déjà dénoncé le recrutement d’enfants soldats par les FSR, tandis qu’une mission internationale avait évoqué des « caractéristiques de génocide » au Darfour.
Les Émirats arabes unis contestent fermement ces accusations. Abou Dhabi affirme fournir uniquement une aide humanitaire au Soudan. Pourtant, plusieurs enquêtes internationales pointent un soutien logistique et militaire aux FSR. Des sanctions américaines et onusiennes ont déjà ciblé des réseaux colombiens liés au conflit. Depuis avril 2023, la guerre oppose l’armée soudanaise aux FSR du général Hemeti. Ce conflit a provoqué une grave crise humanitaire régionale, avec des dizaines de milliers de morts et plus de six millions de déplacés.
Aristide HAZOUME
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