Au Nigéria, plusieurs centaines de personnes enlevées par Boko Haram ont été libérées dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays. Autorités locales et armée nigériane font état d’opérations distinctes ayant abouti à ces libérations massives, l’une d’elles ayant eu lieu à Ngoshe.
Ce week-end, plusieurs centaines de personnes ont été libérées à Ngoshe, une localité proche de la frontière camerounaise. Elles avaient été enlevées plus tôt dans l’année par le groupe djihadiste Boko Haram, qui avait ciblé principalement des femmes et des enfants. Selon des responsables locaux, 416 otages femmes et enfants ont été relâchés samedi dans cette région. Samaila Kaigama, responsable de la jeunesse locale, a confirmé l’information. Le sénateur Mohammed Ali Ndume a également salué le retour des otages, sans toutefois préciser les circonstances exactes de leur libération. Aucune rançon n’a officiellement été versée.
L’armée nigériane affirme avoir mené une opération de sauvetage basée sur le renseignement. L’état-major indique que 360 autres personnes ont été libérées dans plusieurs communautés environnantes, dans des conditions de détention particulièrement difficiles notamment de longues marches forcées. Deux nourrissons seraient morts durant leur captivité, victimes de l’épuisement et des conditions extrêmes. Les militaires disent avoir également recours à des « opérations psychologiques » pour désorganiser les groupes armés. Si les ravisseurs exigeaient des rançons s’élevant à des millions de nairas, les autorités nient tout paiement officiel. Cependant, plusieurs analystes évoquent la possibilité de versements indirects, les enlèvements constituant une source de financement majeure pour les groupes terroristes. La région de Ngoshe reste un bastion de Boko Haram, situé à proximité immédiate du Cameroun.
Lancée en 2009, l’insurrection de Boko Haram a plongé le nord-est du Nigéria dans une grave crise sécuritaire. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et contraint des millions de personnes à se déplacer. Les enlèvements massifs sont devenus une stratégie récurrente du groupe, visant les civils, en particulier les femmes et les enfants. Selon plusieurs rapports, les rançons collectées atteignent des millions de dollars, un phénomène qui implique désormais d’autres groupes armés bandits, séparatistes ou djihadistes et s’étend à plusieurs régions du pays. Les autorités nigérianes promettent de renforcer les opérations sécuritaires, mais le nord-est demeure une zone à haut risque.
Aristide HAZOUME
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