Société

Nigeria : Un ex-ministre de l’Énergie condamné à 75 ans de prison

La justice nigériane a condamné Saleh Mamman à 75 ans de prison. L’ancien ministre de l’Énergie est reconnu coupable de détournement et de blanchiment de fonds publics.

Une condamnation lourde pour corruption d’État

La Haute Cour fédérale d’Abuja a rendu son verdict mercredi. Saleh Mamman écope de 75 ans de prison pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent. L’affaire porte sur plusieurs projets hydroélectriques nationaux. Le montant détourné est estimé à 33,8 milliards de nairas, soit environ 24,6 millions de dollars. La Commission économique et financière contre la criminalité (EFCC) a conduit l’enquête et présenté les preuves au tribunal. Le jugement a été rendu en l’absence de l’accusé. Saleh Mamman a été ministre entre 2019 et 2021, sous la présidence de Muhammadu Buhari. Cette condamnation marque un précédent politique important au Nigeria.

Un pays confronté à une crise énergétique persistante

Le Nigeria reste confronté à une grave crise électrique. Pourtant premier producteur de pétrole en Afrique et quatrième économie du continent, le pays souffre d’une électricité insuffisante au quotidien. Les coupures touchent les foyers et les entreprises, le réseau national étant jugé vétuste et sous-dimensionné. Selon la Banque mondiale, plus de 40 % des Nigérians n’ont pas accès à une électricité stable. Cette situation énergétique freine le développement économique national, malgré les multiples projets de réforme du secteur engagés par les autorités.

Une vague d’affaires judiciaires au sommet de l’État

Plusieurs anciens responsables font face à la justice. Des enquêtes visent d’anciens ministres et hauts fonctionnaires : un ex-ministre de la Justice, un ancien gouverneur de la Banque centrale, ainsi qu’un ex-ministre du Travail sont également poursuivis. La lutte contre la corruption reste une priorité nationale. L’EFCC intensifie ses actions dans les dossiers financiers, et les procès de grande ampleur se multiplient depuis plusieurs années. Le gouvernement affirme vouloir renforcer la transparence publique. Ces affaires illustrent la pression judiciaire croissante au sommet de l’État nigérian.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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