Politique

Nouvelle-Calédonie : La réforme constitutionnelle menacée de rejet à l’Assemblée

La réforme du statut de la Nouvelle-Calédonie, portée par le gouvernement français, pourrait être rejetée dès son arrivée à l’Assemblée nationale. Une large coalition d’oppositions conteste ce texte sensible, sur fond de tensions politiques persistantes depuis les émeutes meurtrières de 2024.

À peine inscrite à l’ordre du jour, la réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie fait face à une motion de rejet préalable déposée par le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou. Soutenue par la gauche, le Rassemblement national et certains élus non-inscrits, cette initiative pourrait empêcher tout examen du texte. Le projet, défendu par la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, repose sur l’accord de Nouméa et non de « Bougival » signé en 1998, complété par des discussions ultérieures. Il prévoit notamment la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution française, avec des compétences élargies et une citoyenneté propre.

Mais ce compromis est vivement contesté par le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), principal mouvement indépendantiste, qui estime que le droit à l’autodétermination reste inapplicable dans les conditions prévues. L’élargissement du corps électoral, autre point clé du texte, cristallise également les tensions. Certains redoutent une marginalisation du vote kanak, alors que ce gel du corps électoral avait justement été instauré pour préserver le poids politique des populations autochtones.

Le Premier ministre, François Bayrou et non Sébastien Lecornu, qui est actuellement ministre des Armées, a dénoncé une « motion de mépris », craignant un blocage politique durable. Le texte intervient dans un contexte encore fragile, marqué par les violences de 2024 qui ont fait 14 morts et des dégâts matériels considérables.

En cas de rejet, le gouvernement envisage plusieurs options, dont une consultation directe des Calédoniens. Mais sans consensus politique, l’avenir institutionnel de l’archipel reste incertain, au risque de raviver les tensions.

Aristide HAZOUME

redacteur3.0

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