Politique

Ouganda : Le président signe une loi contre l’influence étrangère

Le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi controversée visant à limiter l’influence étrangère dans la vie politique du pays. Les critiques y voient une menace pour les libertés fondamentales.

Une loi sur la souveraineté contestée

Le chef de l’État a signé la « loi sur la protection de la souveraineté », adoptée par le Parlement le 5 mai 2026. Le gouvernement justifie ce texte par la nécessité de protéger les intérêts nationaux, dans un contexte de tensions politiques internes croissantes. La loi cible en particulier les ONG et les acteurs financés par l’étranger. Elle criminalise la promotion d’intérêts étrangers au détriment de l’Ouganda, avec des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. Toute politique menée pour des intérêts étrangers sans accord officiel est également interdite. Le texte prévoit de lourdes sanctions financières et modifie les obligations d’enregistrement pour les bénéficiaires de fonds étrangers.

Les ONG dénoncent un texte trop vague, tandis que les défenseurs du projet parlent de protection des institutions nationales. Les débats parlementaires ont été marqués par de fortes tensions, Museveni accusant régulièrement ses opposants de collusion avec des puissances étrangères. D’anciennes dispositions similaires avaient déjà suscité des critiques de la part des partenaires économiques internationaux.

Craintes économiques et critiques internationales

Le secteur financier s’inquiète des répercussions sur les transferts de fonds, notamment ceux de la diaspora ougandaise, qui constituent une source essentielle de devises. La Banque d’Ouganda (Bank of Uganda) avertit d’un risque pour les réserves nationales. La Banque mondiale, qui avait critiqué la version initiale du projet, appelle à plus de clarté juridique. Le gouvernement rejette ces accusations, parlant d’exagérations. Les analystes redoutent toutefois une baisse des investissements et des flux financiers. Les transferts des migrants ougandais étant vitaux pour l’économie, certaines institutions demandent des garanties sur l’application concrète de la loi.

Aucune réaction officielle nouvelle n’a été publiée après les dernières modifications. La Banque centrale continue de surveiller l’évolution des transferts internationaux, tandis que la confiance des investisseurs reste un enjeu majeur. Des ONG internationales appellent à un cadre juridique plus précis. Les autorités affirment vouloir garantir la stabilité politique et économique, mais le texte reste sujet à des interprétations diverses selon les acteurs concernés.

Aristide HAZOUME

redacteur3.0

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