L’Union européenne franchit une nouvelle étape dans sa politique migratoire. Le Pacte sur la migration et l’asile entre en vigueur ce 12 juin. Cette réforme renforce les contrôles aux frontières, accélère les procédures d’asile et impose une solidarité obligatoire entre les États membres.
Après huit années de négociations, le Pacte européen sur la migration et l’asile devient effectif. Cette réforme répond aux divisions apparues depuis la crise migratoire de 2015. Le dispositif regroupe neuf textes législatifs qui encadrent l’ensemble du parcours migratoire : enregistrement, accueil, examen des demandes et expulsions. Les contrôles seront désormais renforcés dès l’arrivée des migrants. Un filtrage obligatoire devra être réalisé rapidement pour vérifier l’identité, les documents et les critères d’éligibilité. Les demandeurs originaires de pays considérés comme « sûrs » feront l’objet de procédures accélérées. L’objectif affiché est de réduire les délais de traitement et d’améliorer l’efficacité du système européen. L’Union souhaite également limiter les mouvements secondaires ces déplacements de migrants quittant un premier pays d’accueil pour rejoindre un autre État membre.
Le nouveau pacte introduit un mécanisme de solidarité contraignant. Les États membres devront participer à l’effort collectif d’accueil. D’ici la fin de l’année, 21 000 demandeurs d’asile devront être répartis dans l’Union européenne. Les pays refusant cet accueil devront verser une contribution financière de 20 000 euros par personne non accueillie. Ce fonds vise à soutenir les États confrontés à une forte pression migratoire. Pour ses partisans, le système permettra une meilleure gestion des flux migratoires, les règles actuelles ayant montré leurs limites. Les défenseurs du pacte mettent également en avant une identification plus rapide des migrants dès leur arrivée, afin de distinguer les demandeurs d’asile des migrants économiques.
Malgré l’entrée en vigueur du texte, plusieurs pays reconnaissent des retards opérationnels. Certains États doivent encore adapter leurs infrastructures et leurs procédures administratives. L’application complète du pacte constituera donc un défi majeur pour les autorités européennes. Bruxelles espère toutefois renforcer la coordination migratoire et améliorer la gestion des frontières extérieures de l’Union.
Aristide HAZOUME
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