Plus de 20 000 personnes ont défilé dimanche à Paris contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Le texte, adopté en juillet, doit être examiné par le Sénat.
Quelque 20 000 manifestants ont défilé à Paris, selon la préfecture. Des rassemblements ont eu lieu à Marseille, Lyon, Toulouse et Rennes. Les organisateurs comptent plus de 150 organisations signataires. Parmi elles, Amnesty International, le Parti socialiste et La France insoumise. Plus de 10 000 personnes ont défilé en province. Les manifestants dénoncent un « permis de tuer ». « Actuellement, il faut prouver qu’on est une victime. On ne peut plus prouver qu’on est une victime quand on est déjà mort », témoigne un participant. La députée LFI Mathilde Panot fustige « une organisation d’impunité policière ».
Adoptée le 7 juillet par l’Assemblée nationale, la proposition de loi instaure une présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes. Ces derniers « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi lors de l’usage de leurs armes. Le texte renverse la charge de la preuve. L’avocat Raphaël Kempf dénonce : « Ce sera aux familles de victimes de prouver que le policier n’avait pas le droit de tirer ». Les syndicats de police soutiennent le texte. « On n’est pas payé pour être les punching-balls de la République », déclare Axel Ronde, porte-parole de CFTC Police. Le Sénat examinera la proposition dans les prochaines semaines.
Aristide HAZOUME
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