Le président sierra-léonais a sommé les députés d’adopter une réforme constitutionnelle controversée. Le texte, qui divise la classe politique, pourrait bouleverser le scrutin de 2028.
Julius Maada Bio a lancé un appel solennel aux parlementaires, dimanche 9 août. Le chef de l’Etat veut une adoption rapide de la réforme électorale. “Votons cette loi maintenant”, a-t-il martelé. Il a demandé un vote “pour le peuple et l’avenir de la démocratie”.
Le projet divise profondément les députés. Il propose d’abaisser le seuil de victoire de 55 % à 50 % plus une voix. Le vainqueur devrait aussi obtenir 20 % des voix dans deux tiers des districts. Le système proportionnel serait introduit pour les législatives. Un quota de 30 % de femmes est également prévu. Le parti au pouvoir (SLPP) soutient ces changements. Il y voit une réduction des coûts et des risques de second tour. L’opposition (APC) exige le maintien du seuil à 55 %. Elle estime ce niveau nécessaire pour une légitimité renforcée.
Bio a défendu le calendrier de la réforme. Un report créerait, selon lui, “incertitude et confusion”. Le président a rappelé les principes de l’Union africaine et de l’ONU. Il ne sera pas candidat en 2028, car il effectue son second et dernier mandat. Le Parlement doit se prononcer sur ce texte clé. Son issue déterminera les règles de la prochaine échéance présidentielle.
Aristide HAZOUME
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