La crise politique en Somalie a connu un tournant majeur le 30 mars 2026. L’armée fédérale a pris le contrôle de Baidoa. Le président de l’État du Sud-Ouest, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, a démissionné.
Les forces gouvernementales sont venues de Mogadiscio. Elles sont entrées dans la ville sans rencontrer de résistance majeure et ont rapidement sécurisé les points stratégiques. Cette intervention met fin à plusieurs semaines de tensions entre le pouvoir central et les autorités régionales. Peu après l’arrivée des troupes, Laftagareen a annoncé sa démission via Facebook. Selon plusieurs sources, son départ aurait été négocié pour éviter une escalade militaire. Il pourrait avoir été exfiltré vers un pays voisin.

À l’origine de cette crise : une réforme constitutionnelle controversée. Portée par le président Hassan Cheikh Mohamoud, elle prévoit une modification du système électoral et une prolongation du mandat présidentiel. Ces mesures ont suscité l’opposition de plusieurs États fédérés. Le gouvernement fédéral assure vouloir privilégier l’apaisement. Mais cet épisode met en lumière les profondes fractures du fédéralisme somalien. Des régions comme le Puntland et le Jubaland restent également en désaccord avec Mogadiscio. De nouvelles tensions sont à craindre dans un pays déjà fragilisé.
Aristide HAZOUME