Le 2 avril 2026 marque la fin officielle du mandat de Mohamed Bazoum. Une échéance symbolique pour celui qui, près de trois ans après avoir été renversé lors du coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, reste toujours détenu à Niamey, aux côtés de son épouse Khadiza.
Depuis leur arrestation, le couple est maintenu dans une aile sécurisée de la résidence présidentielle, sous la surveillance du régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani. Leurs conditions de détention n’ont pas connu d’évolution majeure, même si, selon des sources proches, ils peuvent désormais échanger chaque semaine avec leurs enfants, un assouplissement limité.
Le parcours politique de Mohamed Bazoum a été marqué par des tensions précoces : le 31 mars 2021, deux jours avant son investiture, une tentative de coup d’État avait déjà été déjouée. Deux ans plus tard, l’armée est parvenue à s’emparer du pouvoir, installant une transition militaire toujours en vigueur.
Sur le plan diplomatique, plusieurs initiatives ont été entreprises pour obtenir sa libération. Des médiations conduites notamment par le Togo et le Maroc n’ont toutefois pas abouti. En mars 2026, le Parlement européen a adopté une résolution appelant à sa libération avant la fin de son mandat une démarche rejetée par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui dénoncent une ingérence extérieure.
Malgré la levée de son immunité il y a deux ans, aucune procédure judiciaire formelle n’a été engagée à son encontre. Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) reste discret sur son sort, entretenant une incertitude persistante. Désormais officiellement sans mandat, Mohamed Bazoum demeure au cœur d’une impasse politique, symbole des tensions entre la souveraineté revendiquée par les autorités militaires et les pressions internationales pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Aristide HAZOUME