Le gouverneur de l’État de Sinaloa, Rubén Rocha Moya, a été inculpé par la justice américaine. Le parquet fédéral de New York a rendu son acte d’accusation le 29 avril, portant sur des faits présumés de corruption et de trafic de drogue. Selon le département de la Justice des États-Unis, plusieurs hauts responsables sont également visés pour leurs liens présumés avec le Cartel de Sinaloa, que Washington classe comme organisation terroriste.
Les États-Unis ont demandé l’extradition du gouverneur mexicain. Les charges retenues évoquent une conspiration liée au trafic de stupéfiants. La procédure judiciaire est toujours en cours.
Des accusations de liens avec le crime organisé
L’acte d’accusation mentionne un soutien électoral apporté par des membres du cartel, en particulier la faction des fils de Joaquín « El Chapo » Guzmán, qui auraient contribué à la campagne du gouverneur en 2021. Rubén Rocha Moya, 76 ans, rejette fermement ces accusations et dénonce une attaque politique contre le Mexique et son gouvernement. Aucune preuve judiciaire définitive n’a été rendue publique à ce stade. L’élu appartient au parti Morena, dirigé au niveau national par Claudia Sheinbaum. L’affaire survient dans un contexte politique déjà tendu.
Réactions officielles et enquête au Mexique
Le gouvernement mexicain conteste la solidité des accusations américaines. Une protestation diplomatique sera adressée à l’ambassade des États-Unis, concernant la diffusion publique des informations judiciaires. Le parquet général mexicain a ouvert une enquête interne pour vérifier les éléments présentés par les autorités américaines. Aucune décision d’extradition n’a été prise à ce stade. D’autres responsables politiques sont également cités dans le dossier : le sénateur Enrique Inzunza, le maire de Culiacán et deux hauts fonctionnaires locaux.
Un scandale politique dans un État sous pression sécuritaire
Sinaloa reste un épicentre du narcotrafic au Mexique. Les affrontements entre groupes criminels y sont fréquents et violents, et la situation sécuritaire demeure un défi majeur pour les autorités locales. Le gouverneur est par ailleurs critiqué pour sa gestion de la sécurité : plusieurs membres de son administration ont récemment quitté leurs fonctions, impliqués dans des affaires de corruption et de disparitions. Cette affaire accentue les tensions entre Mexico et Washington et relance le débat sur les liens entre politique et crime organisé.
Aristide HAZOUME