Ce 30 avril 2026, la liaison aérienne entre Caracas et Miami a officiellement repris. Un vol opéré par American Airlines a décollé de Miami à destination de la capitale vénézuélienne, marquant ainsi la fin d’une suspension de sept ans entre les deux pays.
Selon les autorités aéronautiques, la liaison est assurée par la filiale régionale Envoy Air, sur un Embraer 175. Une deuxième compagnie, Laser Airlines, prévoit également de rouvrir cette route. La liaison avait été interrompue en 2019, en raison des tensions diplomatiques entre Washington et Caracas, qui avaient entraîné l’arrêt du trafic aérien. Des restrictions de sécurité avaient par ailleurs été renforcées. Depuis, les voyageurs devaient transiter par des pays tiers comme le Panama, la Colombie (Bogotá) ou la République dominicaine, ce qui allongeait considérablement les temps de trajet.
Un enjeu majeur pour la diaspora vénézuélienne
Cette reprise facilite désormais les échanges entre les deux pays, en particulier pour la diaspora vénézuélienne installée aux États-Unis. Environ 250 000 Vénézuéliens vivent en Floride, principalement dans la région de Miami. Par ailleurs, les autorités américaines ont assoupli certaines restrictions aériennes, une évolution qui s’inscrit dans un mouvement progressif de normalisation, accompagné de discussions diplomatiques. Le marché aérien vénézuélien reste toutefois en reconstruction. Actuellement, environ 151 vols hebdomadaires sont opérés vers le pays, selon les données du secteur, mais les capacités demeurent inférieures à celles d’avant la crise.
Les spécialistes du transport aérien observent un redémarrage progressif. Les compagnies renforcent leurs programmes sur les routes internationales, Madrid et Istanbul figurant parmi les principales destinations long-courriers. Dans ce contexte, la liaison Miami–Caracas est considérée comme stratégique : elle relie l’un des principaux hubs américains à un marché historiquement actif. Les réservations confirment déjà une forte demande initiale. Le département d’État américain maintient toutefois des avertissements aux voyageurs, en raison des risques liés à la criminalité et aux enlèvements. La prudence reste de mise malgré la reprise des vols.
Aristide HAZOUME