Le Sénégal s’apprête à relancer les opérations de déminage en Casamance. Le Centre national d’action antimines (CNAMS) annonce une reprise imminente après plusieurs mois d’interruption. Plus d’un million de mètres carrés sont encore contaminés dans le sud du pays.
Une reprise progressive après plusieurs mois d’arrêt
Le programme national de déminage reprendra dans les prochains jours en Casamance. L’annonce émane du Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS). Les opérations étaient suspendues depuis plusieurs mois à la suite d’un changement de direction. Le CNAMS promet désormais une reprise progressive des activités sur le terrain. Depuis 2008, plus de 2,4 millions de mètres carrés ont été sécurisés. Cependant, de nombreuses zones restent encore dangereuses pour les populations locales. Deux engins mécaniques offerts par le Japon renforceront les nouvelles opérations.
Ces équipements modernes sont stationnés à Ziguinchor depuis plusieurs semaines, mais n’ont pas encore rejoint les secteurs contaminés. Les autorités évoquent l’absence d’un char-porteur adapté au transport : chaque engin pèse près de trente tonnes, selon le CNAMS. Les dernières accréditations seront finalisées avant le lancement officiel des opérations. Le directeur Salomon Diédhiou annonce également une cérémonie officielle prochaine. Les autorités veulent accélérer le retour sécurisé des populations déplacées
Plus d’un million de mètres carrés encore contaminés
La Casamance est marquée par un conflit armé qui dure depuis plus de quarante ans. Les affrontements opposent l’État sénégalais au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Les mines antipersonnelles contaminent encore plusieurs villages, champs et forêts de la région. Selon le bilan officiel, on dénombre 870 victimes dues aux explosifs. Près de 200 survivants gardent des séquelles physiques permanentes. Les populations rurales restent les principales victimes des engins explosifs.
Un accord de paix a pourtant été signé en février 2025. Malgré cet engagement, plusieurs secteurs demeurent toujours fortement exposés. Le CNAMS estime qu’un million de mètres carrés restent contaminés. Certaines localités sont difficiles d’accès en raison de la végétation dense. Les autorités évoquent aussi des difficultés logistiques et des besoins en carburant. Le Sénégal vise désormais un territoire totalement déminé avant 2031.
Aristide HAZOUME