Des dizaines de pêcheurs nigérians sont portés disparus après des frappes aériennes menées par l’armée tchadienne. Les bombardements visaient des positions présumées de Boko Haram sur les îles du lac Tchad. Les opérations militaires se poursuivent dans cette région frontalière sous haute tension.
De nouvelles frappes militaires secouent le bassin du lac Tchad. Des avions de chasse tchadiens ont bombardé plusieurs îles nigérianes considérées comme des bastions du groupe jihadiste Boko Haram. Selon des sources locales, au moins 40 pêcheurs restent portés disparus. Ils auraient été tués durant les bombardements ou noyés lors de leur fuite. Le bilan exact demeure impossible à confirmer officiellement dans l’immédiat.
Les frappes ont notamment visé l’île stratégique de Shuwa, située à la jonction du Nigeria, du Niger et du Tchad. Cette zone sert régulièrement de refuge aux combattants jihadistes. Parmi les victimes présumées figurent des pêcheurs originaires de Doron Baga, ainsi que d’autres venus de l’État nigérian de Taraba. Un habitant de Baga a déclaré que « plusieurs personnes ont été tuées ».
Des frappes en représailles à des attaques jihadistes meurtrières
L’armée tchadienne a intensifié ses opérations après des attaques récentes attribuées à Boko Haram. Au moins 23 soldats tchadiens ont été tués dans ces assauts, ainsi que deux généraux, selon des sources concordantes. Les attaques avaient visé des positions militaires près du lac Tchad. En réponse, le gouvernement tchadien a décrété un deuil national de trois jours et instauré l’état d’urgence dans la province du Lac pour une durée de vingt jours, selon un décret officiel.
Une région toujours sous menace sécuritaire
Le bassin du lac Tchad reste fortement déstabilisé par l’insécurité. Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) y sont toujours actifs, contrôlant plusieurs zones insulaires isolées. Selon de nombreux témoignages, certains pêcheurs paient des taxes aux groupes jihadistes pour accéder aux zones riches en poissons, ces derniers assurant ensuite leur transport vers les îles reculées. L’armée tchadienne n’a pas encore publié de communiqué officiel sur les frappes, tandis que les opérations militaires se poursuivent dans cette vaste zone marécageuse partagée entre quatre pays : Nigeria, Tchad, Niger et Cameroun.
Aristide HAZOUME