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Des échanges de tirs nourris ont éclaté mercredi à Mogadiscio, la capitale somalienne, à la veille de manifestations contre la prolongation du mandat présidentiel. Dans un climat de fortes tensions politiques, opposition et pouvoir se renvoient mutuellement la responsabilité de cet épisode sécuritaire qui a plongé plusieurs quartiers dans la panique.

Tirs et panique dans plusieurs quartiers de Mogadiscio

La tension monte brusquement dans la capitale somalienne. Des coups de feu retentissent dans le district de Howl Wadaag, ainsi que sur l’axe stratégique de Dabka. Selon plusieurs témoins, les affrontements durent plusieurs minutes, avec l’usage de lance-roquettes selon certaines sources. Un journaliste présent sur place confirme les échanges de tirs, qui opposeraient la police fédérale à des hommes armés sans que l’identité exacte des groupes impliqués soit encore établie. Les habitants fuient les zones concernées, tandis que la circulation est fortement perturbée durant l’incident. L’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire affirme avoir été ciblé par des forces liées à la présidence. Ses partisans préparaient une manifestation prévue jeudi pour dénoncer la prolongation du mandat du président Hassan Sheikh Mohamud.

Accusations croisées et crise politique aggravée

Les autorités rejettent fermement les accusations de l’opposition. Le gouvernement évoque « un incident regrettable » et accuse des milices armées proches de l’opposition d’avoir provoqué les forces de l’ordre. La police affirme avoir réagi après avoir été attaquée, et une enquête officielle a été ouverte. Les autorités assurent vouloir préserver l’ordre public. Ces violences surviennent dans un climat politique déjà très tendu. Depuis mars, la réforme constitutionnelle contestée suscite une vive controverse. L’opposition accuse le président Hassan Sheikh Mohamud de vouloir consolider son pouvoir, tandis que le camp présidentiel défend une mesure transitoire qu’il juge conforme au cadre légal. L’ancien président Sharif Sheikh Ahmed dénonce également une escalade attribuée au pouvoir en place et affirme maintenir les manifestations prévues dans la capitale.

Des tirs ont aussi été signalés près de secteurs résidentiels sensibles. En soirée, le calme est progressivement revenu dans plusieurs quartiers, mais la situation demeure fragile. Les autorités restent en état d’alerte, et les observateurs suivent avec attention l’évolution de cette crise politique majeure en Somalie.

Aristide HAZOUME 

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