Le Niger a promulgué un nouveau code pénal qui criminalise explicitement les relations entre personnes de même sexe. Le texte prévoit des peines de prison pouvant atteindre 20 ans ainsi que de lourdes amendes. Cette réforme marque un tournant juridique majeur dans le pays.
Des peines sévères et des amendes records
Le nouveau code pénal nigérien introduit une incrimination explicite de l’homosexualité, une première dans l’histoire juridique récente du pays. Les personnes reconnues coupables de relations entre personnes de même sexe sont passibles de cinq à vingt ans d’emprisonnement. Elles encourent également des amendes pouvant atteindre 500 millions de francs CFA. Le texte limite par ailleurs très fortement les possibilités d’allègement ou de dispense de peine, renforçant ainsi la rigueur régressive de la loi.
Une réforme justifiée par les valeurs sociales
En mai dernier, le ministre nigérien de la Justice avait déclaré que l’homosexualité ne correspondait pas aux valeurs sociales et culturelles du pays. Cette déclaration avait alors annoncé la volonté de l’exécutif de durcir la législation pénale sur les mœurs. La promulgation de ce nouveau code pénal concrétise cette orientation politique. Le Niger rejoint ainsi d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre qui répriment sévèrement les relations homosexuelles, souvent sous la pression de mouvements conservateurs ou religieux. Cette évolution juridique a été immédiatement condamnée par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui y voient une violation des principes fondamentaux d’égalité et de non-discrimination. Des appels ont été lancés aux autorités nigériennes pour qu’elles reviennent sur cette disposition, sans succès à ce stade.
Aristide HAZOUME