L’opposition togolaise a rassemblé plusieurs centaines de manifestants à Vogan, dimanche 26 juillet. Ils dénoncent la Constitution adoptée en 2024 et réclament son abrogation. Cette mobilisation survient après un arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, rendu public en juin 2026, qui conteste la réforme. Les autorités maintiennent leur position et rejettent l’avis de la juridiction régionale.
Une nouvelle mobilisation contre la réforme constitutionnelle
Des centaines de personnes se sont rassemblées à Vogan, à une soixantaine de kilomètres de Lomé. L’appel émanait du Cadre national de concertation pour le changement (CNC). Il s’agit de la deuxième manifestation organisée en trois mois. Un premier rassemblement avait eu lieu début mai. La rencontre a débuté par une cérémonie traditionnelle de libation. Des responsables politiques ont ensuite rejoint la foule. Tous ont entonné l’hymne national togolais. Les manifestants brandissaient des pancartes hostiles à la réforme. Certaines dénonçaient un « changement anticonstitutionnel ». D’autres évoquaient un « coup d’État constitutionnel ». Le rassemblement s’est déroulé sans incident majeur. Il s’est achevé par des chants et des danses traditionnels.
La réforme continue d’alimenter les tensions politiques
Les organisateurs contestent la légalité de la Constitution promulguée en 2024. David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout, qualifie cette réforme de « coup d’État constitutionnel ». Me Dodji Apévon, président de la Force démocratique pour la République, appelle à une mobilisation citoyenne. Plusieurs participants réclament également le rétablissement de l’ancienne Constitution. La réforme instaure un régime parlementaire et supprime l’élection présidentielle directe. Le pouvoir exécutif revient désormais au président du Conseil, poste occupé par Faure Gnassingbé. Le président de la République conserve un rôle essentiellement protocolaire.
La Cour de justice de la CEDEAO a estimé, en juin 2026, que cette réforme constituait un changement inconstitutionnel de gouvernement. Le gouvernement togolais rejette cette interprétation. Les autorités estiment que la juridiction régionale outrepasse ses compétences. La réforme demeure au cœur des tensions politiques togolaises. Elle continue de diviser la classe politique et la société civile.
Aristide HAZOUME