La France a officiellement exprimé sa « vive préoccupation » après l’adoption d’une loi au Sénégal alourdissant les sanctions contre les personnes LGBT+. Paris dénonce un recul des droits fondamentaux et indique que son ambassade à Dakar a déjà reçu des demandes d’aide individuelles.
La France critique fermement la nouvelle législation sénégalaise
Un nouveau point de crispation s’invite dans les relations diplomatiques entre Dakar et Paris. Le 30 mars 2025 (et non 2026, NDLR), le Sénégal a promulgué une loi renforçant les sanctions liées à l’homosexualité. Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères a fait part de sa « vive préoccupation » face à ce qu’il considère comme un durcissement inacceptable. Le texte voté ne se contente pas d’alourdir les peines déjà prévues contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Il élargit également les sanctions à « l’apologie, au financement ou à toute forme de promotion » de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité. Paris rappelle son engagement constant en faveur des droits humains. « Nous soutenons toutes les personnes confrontées à des discriminations ou atteintes à leurs libertés fondamentales », souligne la diplomatie française, qui estime que cette loi expose davantage certains citoyens à des risques de poursuites et de stigmatisation.
Des demandes d’assistance déjà déposées à l’ambassade de France
La France indique que son ambassade et son consulat général à Dakar ont reçu « plusieurs demandes individuelles » en lien avec le nouveau contexte juridique. Ces requêtes sont traitées avec la plus grande attention, sans qu’aucun détail supplémentaire n’ait été communiqué pour l’instant. Paris invoque des impératifs de confidentialité et de sécurité. La nature exacte des sollicitations (demandes d’asile, conseils juridiques, protection consulaire, etc.) reste donc inconnue. Le Quai d’Orsay précise également que cette situation fait l’objet d’échanges réguliers avec plusieurs partenaires européens, dans une logique de coordination diplomatique.
Dakar défend sa souveraineté législative
De son côté, le gouvernement sénégalais réfute toute critique et défend une législation conforme aux « valeurs sociales et culturelles » du pays. Aucun signal de recul n’a été donné par les autorités de Dakar, qui estiment que la France n’a pas à imposer ses normes en matière de mœurs. Cette réforme s’inscrit dans un contexte régional plus large plusieurs États africains ont récemment durci leurs lois visant les personnes LGBT+. Le dossier s’annonce durable. Il pourrait continuer d’alimenter les discussions entre le Sénégal, la France et leurs partenaires internationaux dans les prochains mois, alors que les ONG de défense des droits humains appellent déjà à des sanctions ciblées ou à une réévaluation de l’aide au développement.
Aristide HAZOUME