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Alors que l’épidémie d’Ebola s’aggrave dans l’est de la République démocratique du Congo, le centre de traitement de Rwampara, en Ituri, est à l’arrêt. Le personnel, qui dénonce des salaires impayés depuis plus de deux mois, a cessé le travail et bloqué l’accès à l’établissement. Un mouvement social qui fragilise dangereusement les efforts de lutte contre le virus.

Le centre de Rwampara à l’arrêt total

Depuis lundi, l’hôpital général de Rwampara, l’un des piliers de la riposte contre Ebola en Ituri, est paralysé. Épidémiologistes, enquêteurs sanitaires, chauffeurs et équipes funéraires ont tous déposé leur matériel. Le mouvement, entamé par quelques agents dès la semaine précédente, a pris une ampleur inédite : les grévistes ont fermé les portes du centre, incendié des pneus et bloqué la route principale menant à l’établissement. En cause : l’absence de paiement des salaires et des primes depuis le lancement de la riposte en mai. « Nous travaillons au péril de notre vie, sans aucune contrepartie financière », confie un agent sous couvert d’anonymat. Certains dénoncent des retards dépassant quarante-cinq jours, jugés inadmissibles au regard des risques quotidiens liés à la manipulation des malades et des corps.

Face à cette situation, le ministère congolais de la Santé assure procéder à la vérification des listes des bénéficiaires. Il évoque des « irrégularités administratives » ayant causé ces délais et promet une régularisation rapide. Mais sur le terrain, la méfiance demeure, et la suspension des activités risque de s’installer dans la durée.

Une épidémie toujours active et une souche difficile à combattre

Cette crise sociale survient dans un contexte sanitaire déjà préoccupant. Déclarée officiellement le 15 mai 2026, l’épidémie d’Ebola en RDC est en réalité active depuis plusieurs semaines, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il s’agit de la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe, à ce jour, ni vaccin homologué ni traitement curatif spécifique. La prise en charge des patients repose donc sur des soins de soutien, un isolement rigoureux et un suivi médical renforcé. Une approche qui exige une mobilisation constante des équipes locales.

Or, les derniers rapports des autorités sanitaires indiquent que la maladie continue de gagner du terrain, touchant désormais plusieurs zones de santé de la province de l’Ituri. Les opérations de surveillance, de traçage des contacts et de sensibilisation communautaire sont plus que jamais essentielles pour freiner la propagation.

Un bras de fer aux conséquences potentiellement désastreuses

La grève de Rwampara survient à un moment critique. Les agents en première ligne ne se contentent pas de soigner : ils assurent les enterrements sécurisés, informent les communautés et veillent au suivi des personnes exposées. Leur absence, même temporaire, crée un vide dans la chaîne de riposte. Les autorités sanitaires et leurs partenaires, dont l’OMS, tentent d’apaiser le mouvement tout en poursuivant les opérations ailleurs. Mais la situation illustre une fragilité récurrente des systèmes de santé en contexte d’urgence : celle d’un personnel essentiel, exposé et parfois oublié des circuits de paiement.

Alors que le virus circule toujours, chaque jour d’arrêt à Rwampara pourrait se traduire par une nouvelle contamination, voire une extension de l’épidémie à des zones jusqu’alors épargnées. L’enjeu est clair : résoudre ce conflit social n’est pas une simple formalité administrative, mais une condition impérative pour sauver des vies.

Aristide HAZOUME

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