La Cour européenne des droits de l’homme a ordonné mardi à la Turquie de libérer le mécène Osman Kavala. Elle juge sa condamnation à perpétuité “nulle et non avenue” et dénonce des “défaillances graves” de la justice turque.
Strasbourg a rendu une décision sans appel. La Cour estime que les poursuites visaient à punir M. Kavala pour son rôle dans les manifestations de Gezi en 2013. L’objectif inavoué était aussi de le réduire au silence, selon les juges. La Turquie doit lui verser plus de 110 000 euros de dommages et intérêts.
Symbole de la répression, ce philanthrope de 68 ans est emprisonné depuis 2017 . Il purge une peine à perpétuité pour “tentative de renversement du gouvernement” . La CEDH avait déjà demandé sa libération en 2019. Acquitté en 2020, il fut immédiatement réarrêté . Ce nouveau jugement est une condamnation sévère du système judiciaire turc.
Un mécène devenu ennemi public
Osman Kavala était une figure centrale de la société civile . Il soutenait le dialogue interculturel via son ONG Anadolu Kültür. Son arrestation en 2017 a marqué un tournant. Les médias proches du pouvoir l’ont qualifié “d’ennemi de l’intérieur” . Le président Erdogan le désigne comme une “bête noire” .
Une condamnation politique selon la CEDH
Les juges de Strasbourg sont sans équivoque. La procédure contre Kavala était viciée . La Cour évoque une “altération profonde” du cadre juridictionnel . Elle souligne que le refus de libérer M. Kavala érode la confiance dans l’État de droit. Cette décision, prise à 15 voix contre 2, est un nouvel affront pour Ankara .
Aristide HAZOUME