Le chef d’état-major soudanais était à Ankara lundi pour des pourparlers défensifs. Cette visite consolide une alliance stratégique autour des drones turcs, qui font basculer le conflit face aux paramilitaires.
Le lieutenant-général Yasser al-Atta, chef adjoint de l’armée soudanaise, a rencontré lundi ses homologues turcs à Ankara. Il s’est entretenu avec le chef d’état-major Selçuk Bayraktaroğlu et le ministre de la Défense Yaşar Güler. Le PDG de Baykar, Haluk Bayraktar, était également présent. Aucune déclaration officielle n’a suivi cette visite.
Cet échange s’inscrit dans une coopération militaire croissante. Depuis 2024, l’armée régulière s’appuie massivement sur les drones turcs. Selon le Washington Post, un contrat de 120 millions de dollars lie Baykar aux forces soudanaises. Il inclut des systèmes antiaériens et une assistance technique.
L’ère des combats aériens entre drones
L’armée utilise d’abord le TB2, puis le Bayraktar Akıncı depuis juin. Ce drone évolue à très haute altitude et peut intercepter d’autres drones en vol. Lundi, plusieurs drones chinois CH-95 des FSR ont été abattus au-dessus de Bara. Depuis le 23 juin, au moins six CH-95 ont été détruits. Des frappes similaires ont visé Khartoum la semaine dernière.
Un soutien turc assumé par Erdogan
Mardi, le président turc a déclaré sur Al-Jazeera vouloir continuer à soutenir le Soudan. Cette position confirme l’engagement d’Ankara aux côtés de l’armée de Abdel Fattah al-Burhan. La visite d’al-Atta illustre une dynamique diplomatique intense, alors que le Soudan multiplie les contacts avec Riyad et Ankara.
Aristide HAZOUME