Le colonel Patrick Rakotomamonjy reste détenu à la prison de Tsiafahy. Son épouse dénonce des conditions assimilables à de la torture.
Le médecin militaire est incarcéré depuis le 16 avril dernier. Il est poursuivi pour tentative d’assassinat et projet de coup d’État. Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, est visé par ces accusations. Onze autres personnes avaient également été placées en détention. Le docteur Minohasina, son épouse, alerte sur son état physique. Elle évoque des douleurs au dos et à la poitrine.
Madagascar : L’épouse du colonel Patrick dénonce sa détention
Des difficultés respiratoires inquiètent également la famille du détenu. Elle affirme ne plus pouvoir lui rendre visite depuis fin août. Elle réclame un transfert vers l’hôpital militaire de Soavinandriana. Elle qualifie cette situation de torture délibérée et organisée. Amnesty International s’était déjà inquiétée des conditions à Tsiafahy en juin. Un autre détenu politique faisait alors l’objet des mêmes préoccupations.
Une nouvelle affaire selon la ministre de la Justice
La ministre Fanirisoa Ernaivo livre une version très différente. Elle évoque une tentative d’évasion et un projet d’incendie. Un téléphone aurait été introduit clandestinement en détention. Ce dispositif aurait permis de préparer cette opération selon elle. Les restrictions de visite découleraient uniquement de cette nouvelle enquête. La ministre dément toute décision politique ou traitement de torture. Une enquête judiciaire est actuellement en cours sur ces faits. Le colonel demeure ancien directeur adjoint d’un centre hospitalier militaire. Il avait dirigé le Bureau des doléances jusqu’en janvier dernier. Son arrestation avait suivi des accusations publiques de corruption. Il attend désormais son procès pour les faits initiaux.
Aristide HAZOUME