Les États-Unis ont transféré au moins 25 447 personnes vers 28 pays tiers au 31 août 2026. C’est ce que révèle une enquête du consortium Forbidden Stories, publiée lundi 21 septembre. Menée avec 72 journalistes de 23 médias, elle documente un dispositif piloté par le département d’État. La majorité des expulsions, environ 20 000, a eu lieu vers le Mexique.
Un dispositif négocié par le Bureau de la remigration
L’essentiel des négociations a été conduit par l’Office of Remigration. Ce service du département d’État a été créé en mai 2025. Il est dirigé par le diplomate Christian Jové Ehrhardt. Selon l’enquête, des accords ont été signés avec 35 États. Vingt-huit les ont effectivement mis en œuvre. 49 des 54 pays africains auraient été approchés par Washington.
Les contreparties restent opaques. Le Cameroun a signé un protocole en décembre. Un premier avion est arrivé le 14 janvier. Washington avait conclu peu avant un programme d’aide sanitaire de près de 400 millions de dollars. Les Palaos ont accepté d’accueillir 75 personnes pour 7,5 millions de dollars. Trois seulement y ont été transférées. L’Eswatini a reçu 32 personnes pour plus de 5 millions de dollars.
410 millions de dollars mobilisés
Au total, 410 millions de dollars auraient été provisionnés pour ces dispositifs. Les documents internes attribuent 81 millions aux gouvernements signataires. Plus de 178 millions sont destinés à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) doit recevoir 123 millions. L’implication des deux agences onusiennes suscite des critiques. Le HCR affirme ne pas être partie aux accords bilatéraux. L’OIM indique accepter ces financements pour améliorer la situation des migrants. Des juristes estiment que les personnes transférées risquent un « trou noir juridique ».
Aristide HAZOUME