Les six journalistes de la plateforme égyptienne Matsadaash ont été arrêtés entre lundi et mercredi. Reporters sans frontières et 33 organisations réclament leur libération immédiate. Leurs lieux de détention restent inconnus.
La police égyptienne a arrêté les six membres de la rédaction de Matsadaash. La plateforme indépendante est spécialisée dans l’investigation et le fact-checking. Elle opère depuis 2018. Les arrestations ont duré 48 heures. Elles constituent une première en Égypte. Tout a commencé lundi soir. Des policiers ont perquisitionné le domicile du rédacteur en chef Mohamed Ashraf. Le lendemain, Abdullah Qadry a été interpellé. Islam Barakat a été arrêté à Gharbeya. Omar Hilal a été appréhendé à Port-Saïd. Mercredi à l’aube, Mohamed Mahmoud et Mohamed Adel ont été arrêtés au Caire. Les policiers ont saisi des téléphones et des ordinateurs. Ils ont refusé de présenter un mandat. Ils n’ont pas révélé le lieu de détention.
RSF dénonce une « disparition forcée »
Reporters sans frontières a appelé mercredi à leur libération immédiate. L’organisation dénonce « une disparition forcée ». Elle ne dispose d’aucune information sur les motifs de l’arrestation. Les journalistes n’ont pas pu appeler leurs avocats. Le gouvernement n’a fourni aucune information officielle. Trente-quatre organisations et médias ont signé un appel international. On trouve le Committee to Protect Journalists, Human Rights Watch et la FIDH. L’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) demande une enquête urgente. Elle exige l’accès des familles et des avocats.
Le ministère de l’Intérieur accuse les Frères musulmans
Le ministère de l’Intérieur a confirmé les arrestations jeudi. Il accuse Matsadaash d’être une plateforme « non autorisée ». Il affirme qu’elle est gérée depuis l’étranger. Il la lie aux « comités médias » des Frères musulmans. Matsadaash nie toute affiliation. Le fondateur de la plateforme affirme que les autorités savent ces accusations fausses. L’Égypte figure au 169e rang sur 180 au classement RSF 2026. Vingt-six journalistes sont détenus pour leur travail, selon l’EIPR.
Aristide HAZOUME