Human Rights Watch accuse l’armée malienne et ses alliés russes d’exactions contre les civils. L’ONG dénonce des frappes de drones « aveugles » et des exécutions. Elle presse l’Union africaine d’agir d’urgence.
Human Rights Watch a publié lundi 19 octobre 2026 un rapport accablant sur le Mali. L’ONG documente des exactions commises par l’armée malienne et ses alliés russes. Elle dénonce aussi l’inaction de la communauté internationale. Les gouvernements n’agissent pas malgré les alertes répétées. Le rapport s’appuie sur 30 entretiens menés entre le 30 juillet et le 20 septembre. Les témoins viennent du centre et du nord du pays. Des militants des droits humains et des responsables communautaires figurent parmi eux. Un soldat malien a également témoigné.
Des frappes de drones aveugles
L’armée malienne et le Corps africain russe ont tué de nombreux civils. Les victimes ont été touchées lors d’attaques ou pendant leur détention. Ces actes violent le droit international humanitaire. HRW évoque des frappes de drones « apparemment aveugles ». Ces offensives se sont intensifiées ces derniers mois. Les groupes djihadistes et séparatistes ont aussi violé les lois de la guerre. Ils ont torturé et exécuté des soldats maliens capturés. L’ONG reconnaît ces exactions dans son rapport.
L’Union africaine appelée à agir
HRW exhorte le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à intervenir. L’organisation réclame des « mesures urgentes » pour empêcher de nouvelles atrocités. Depuis 2012, le Mali traverse une crise sécuritaire profonde. L’armée affronte des djihadistes, des séparatistes touaregs et des gangs criminels. Les militaires au pouvoir depuis 2020 et 2021 se sont tournés vers la Russie. Ils ont fait appel aux paramilitaires de Wagner, devenus Africa Corps en 2025.
Aristide HAZOUME