La Banque mondiale veut accélérer les investissements privés en Afrique. Son agence MIGA annonce un doublement des garanties d’assurance d’ici 2030. L’objectif est d’atteindre 6,4 milliards de dollars d’investissements annuels pour soutenir les infrastructures, l’énergie et la création massive d’emplois sur le continent.
La perception du risque reste un frein majeur aux investissements africains. Plusieurs institutions dénoncent une image exagérée des risques sur le continent. Lors de l’Africa CEO Forum, le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a évoqué cette problématique : selon lui, les risques africains demeurent largement surestimés. Pour attirer davantage d’investisseurs, la Banque mondiale renforce ses garanties financières. L’annonce émane de la MIGA, l’Agence multilatérale de garantie des investissements. Celle-ci protège les investisseurs contre plusieurs risques politiques et sécuritaires, notamment les conflits, les troubles civils ou les changements réglementaires soudains.
Au Sénégal, la MIGA soutient déjà des investissements majeurs au port de Dakar et couvre plusieurs projets stratégiques d’infrastructures nationales. Selon Junaid Kamal Ahmad, vice-président des opérations de la MIGA, ces garanties rassurent les investisseurs internationaux et permettent des financements plus longs et moins coûteux.
La Banque mondiale veut transformer l’image économique du continent africain. La MIGA affirme disposer d’un mécanisme de garantie particulièrement fiable. Depuis sa création, l’agence a garanti plus de 1 200 projets internationaux, mais très peu de garanties ont finalement été activées. Selon la MIGA, seulement quelques dossiers africains ont nécessité une intervention financière. L’institution estime donc que les risques africains restent mal évalués. Les nouveaux investissements viseront principalement les infrastructures stratégiques africaines, notamment l’énergie solaire, les routes et les chemins de fer.
La Banque mondiale souhaite également stimuler l’emploi des jeunes africains et espère soutenir la création de 190 millions d’emplois d’ici quatre ans. Pour plusieurs analystes économiques, ces garanties pourraient renforcer la confiance des marchés internationaux et accélérer les projets privés sur plusieurs marchés africains.
Aristide HAZOUME
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