Désigné président en exercice de la CEDEAO lors du 69ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État à Freetown, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye succède pour un an au Sierra-léonais Julius Maada Bio. Lutte antiterroriste, réformes institutionnelles et autonomie financière figurent en tête de son agenda pour relancer la dynamique régionale.
La Conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a confié sa présidence tournante au Sénégal. Bassirou Diomaye Faye dirigera l’organisation régionale pour les douze prochains mois, succédant à Julius Maada Bio. Ce dernier, dans son discours de passation, a appelé les États membres à renforcer leur solidarité et à intensifier la coopération sous-régionale. Dans son premier discours officiel, le nouveau président a détaillé ses priorités :
· La lutte contre le terrorisme et l’insécurité, enjeu majeur pour le Sahel et le golfe de Guinée ;
· L’accélération des réformes institutionnelles, afin de rendre la CEDEAO plus efficace et réactive ;
· Le renforcement de l’autonomie financière de l’organisation, pour réduire sa dépendance aux partenaires extérieurs ;
· La consolidation de l’intégration régionale, avec une coopération renforcée entre États membres sur les plans économique, politique et sécuritaire.
Le sommet de Freetown a également procédé à un renouvellement des instances communautaires. Les chefs d’État ont confirmé l’entrée en fonction prochaine du général Birame Diop, qui assurera la présidence de la Commission de la CEDEAO jusqu’en 2030. Il succédera à Omar Alieu Touray, dont le mandat s’achève. Ce changement à la tête de l’exécutif communautaire s’accompagne d’une feuille de route ambitieuse, portée par le « Pacte pour l’avenir » présenté par Omar Alieu Touray à l’issue de son mandat.
Ce document stratégique fixe plusieurs objectifs structurants pour l’Afrique de l’Ouest :
· 40 % de commerce intrarégional d’ici 2035, contre environ 15 % actuellement ;
· Un marché numérique unique opérationnel dès 2030, pour stimuler l’innovation et les échanges ;
· L’intégration du marché régional de l’énergie, afin de garantir un accès fiable et abordable à l’électricité ;
· Le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans les États membres touchés par des coups d’État ou des crises politiques ;
· Le renforcement durable de l’autonomie financière de la CEDEAO, condition clé de sa souveraineté.
Ces orientations visent à conjuguer stabilité politique et développement économique, tout en redonnant à la CEDEAO un rôle moteur sur la scène internationale.
Avec Bassirou Diomaye Faye à sa tête et une nouvelle équipe à la Commission, la CEDEAO aborde un cycle charnière. La réussite de ce mandat dépendra de la capacité du président sénégalais à fédérer les 15 États membres autour d’une vision commune, malgré les défis sécuritaires, politiques et économiques qui traversent la sous-région. Les prochains mois diront si ce « nouvel élan » promis se traduira en actions concrètes.
Aristide HAZOUME
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