Société

Burkina Faso : L’UGEB suspendue, son président arrêté

La junte burkinabè a suspendu l’Union générale des étudiants du Burkina (UGEB), accusée d’« apologie du terrorisme ». Son président, Wilfried Bazo, a été arrêté à Ouagadougou. Cette décision fait suite à plusieurs critiques de l’organisation estudiantine à l’égard du pouvoir militaire.

Les autorités burkinabè ont suspendu l’Union générale des étudiants du Burkina pour une durée de trois mois renouvelables, selon un arrêté du ministère de l’Administration territoriale. Le gouvernement reproche à l’organisation des « apologies du terrorisme » après plusieurs déclarations publiques critiques.  L’UGEB dénonçait récemment des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales dans le pays, ainsi que certaines mesures prises au nom de la lutte antiterroriste. Dans un communiqué, les étudiants évoquaient des enlèvements, des détentions secrètes et des transferts forcés vers les zones de combat. L’organisation accusait également les autorités d’échec sécuritaire face aux violences djihadistes persistantes, alors que plusieurs régions burkinabè restent confrontées à une forte insécurité.

Wilfried Bazo arrêté à Ouagadougou

Selon l’UGEB, une dizaine d’étudiants ont été interpellés dans la nuit du 25 mai. Parmi eux figure le président de l’organisation, Wilfried Bazo. Des hommes armés en tenue civile auraient mené l’opération au siège de l’organisation, à Ouagadougou, selon plusieurs témoignages d’étudiants.Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, plusieurs voix critiques ont été arrêtées, et certaines personnes restent portées disparues. L’UGEB exige désormais la libération immédiate de ses membres arrêtés et dénonce des violations graves des libertés fondamentales.

Une enquête judiciaire officiellement ouverte

Le procureur du Faso, Lafama Prosper Thiombiano, a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire, motivée par la « gravité » des propos attribués à l’organisation estudiantine. Cette suspension intervient peu après l’adoption d’une nouvelle loi sur les associations, qui a déjà entraîné plusieurs dissolutions et suspensions d’organisations. Les autorités assurent vouloir préserver la sécurité nationale dans un contexte terroriste difficile. Le Burkina Faso reste en effet confronté à des attaques djihadistes régulières depuis plusieurs années.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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