Une opération conjointe du Soudan et de l’Égypte cible les réseaux illégaux d’extraction d’or alimentant la guerre. Le trafic d’or génère des milliards de dollars pour les deux camps belligérants.
Le Soudan et l’Égypte mènent une double opération sécuritaire contre les trafiquants d’or. Cette initiative fait suite à la décision du Conseil de sécurité et de défense à Khartoum de prendre des mesures fortes contre ce commerce illicite . Très lucratif, ce trafic est principalement contrôlé par les Forces de soutien rapide (FSR) et génère des milliards de dollars.
L’or soudanais, principale source de financement de la guerre
Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdane Dogolo dit « Hemedti », contrôlent les zones aurifères frontalières . Le chef paramilitaire a été récemment décrit par The Guardian comme « l’un des hommes les plus riches du Soudan ». Sa famille a mis la main dès 2017 sur la mine d’or de Jabal Amer, la plus importante du pays. Au début de la guerre, les FSR ont pillé l’or de la banque centrale de Khartoum, s’emparant de 1 273 kilogrammes . Selon les experts, plus de la moitié de l’or produit au Soudan est vendu illégalement pour financer le conflit.
Une opération conjointe à la frontière égyptienne
L’armée soudanaise a annoncé vouloir combattre les « Dahhaba » (orpailleurs) afin d’éliminer les réseaux illégaux. L’opération vise à sécuriser les zones montagneuses à la frontière avec l’Égypte, devenues des foyers de contrebande pour les FSR . Les forces armées égyptiennes ont récemment arrêté 223 membres de groupes criminels lors d’une opération d’envergure à la frontière . L’aviation égyptienne a également mené des frappes contre des convois de ravitaillement des FSR en provenance de Libye .
Des sanctions internationales contre les deux camps
En 2025, la production légale officielle a atteint environ 70 tonnes, bien en deçà de l’or vendu illégalement. L’Union européenne a imposé de nouvelles restrictions sur les exportations d’or soudanais . La secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Yvette Cooper, a également pris des sanctions, déclarant que le peuple soudanais « continue de payer le prix d’une guerre » alimentée par « des flux illicites d’or ».
Washington a imposé des sanctions sur la société al-Jonaid, gérée par la famille Dogolo . En 2025, des images satellites ont démontré l’existence de pistes d’atterrissage et de plus de 40 tunnels sur cette position au Darfour du Nord. Le trafic d’or des paramilitaires a été estimé à plus de 850 millions de dollars pour cette année-là.
Aristide HAZOUME