Gabon, Libreville, piratage WhatsApp, piratage Facebook, réseaux sociaux Gabon, VPN, cybersécurité, sécurité numérique, suspension réseaux sociaux, société civile gabonaise, Haute Autorité de la Communication, liberté numérique, actualité Gabon, cybercriminalité Afrique. Il dénonce le détournement de nombreux comptes WhatsApp et Facebook et réclame, en parallèle, la levée immédiate de la suspension des réseaux sociaux, en vigueur depuis février 2026.
Le 11 juillet, cinq associations gabonaises ont dénoncé publiquement une vague de piratages numériques visant des comptes personnels et professionnels. Depuis le début de l’année, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a gelé l’accès à plusieurs plateformes numériques, une décision qui pousse de nombreux citoyens à recourir à des réseaux privés virtuels, les VPN. Or, selon le collectif, cette pratique expose davantage les utilisateurs aux risques de piraterie, rendant les comptes plus vulnérables aux intrusions.
Parmi les victimes figure Piter Manfoumbi, collaborateur d’une personnalité publique gabonaise. Il y a une semaine, son compte WhatsApp a été subtilisé par un pirate. L’assaillant a non seulement pris le contrôle de son espace personnel, mais s’est également emparé d’un groupe dont il était administrateur, y diffusant des messages menaçants à l’attention des membres.
« Le pirate a écrit à mes contacts pour se faire passer pour moi », témoigne Piter Manfoumbi, avant d’ajouter que de nombreux utilisateurs, issus de différentes catégories sociales, sont confrontés à des incidents similaires. Le collectif signale par ailleurs que des numéros étrangers seraient impliqués dans ces opérations malveillantes.
Face à cette situation préoccupante, les organisations de la société civile exigent la restauration complète des réseaux sociaux, qu’elles jugent essentiels à la communication quotidienne. Le porte-parole du collectif, Patrice Thérence Mezui, a rappelé que plusieurs recours avaient déjà été engagés, sans succès jusqu’ici. La Cour constitutionnelle a décliné sa compétence sur le dossier, tout comme le tribunal de première instance qui a rejeté la procédure. Le collectif attend désormais une décision du Conseil d’État, espérant une issue favorable à leur démarche.
Si les autorités justifient le black-out numérique par la nécessité de lutter contre certains contenus jugés dangereux, les associations estiment, pour leur part, que cette mesure restrictive pénalise lourdement les citoyens. Elles soulignent les entraves à la liberté d’expression et les difficultés croissantes de communication dans un contexte où le numérique est devenu indispensable.
Alors que l’attente d’une décision du Conseil d’État se fait sentir, ce nouveau signal d’alarme relance le débat sur l’équilibre délicat entre sécurité publique et libertés numériques au Gabon.
Aristide HAZOUME
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