Plus de 10 000 hectares du plus grand parc national du Burundi sont partis en fumée. Les gardes forestiers, démunis, appellent à l’aide.
Depuis fin juillet, les feux de brousse menacent le parc national de la Ruvubu. Cette vaste réserve naturelle a déjà perdu un cinquième de sa superficie. Les flammes ont dévasté environ 10 000 hectares . Les gardes forestiers luttent quotidiennement. Mais ils manquent cruellement de moyens.
Des braconniers et des coupeurs de bois mis en cause
Selon Marc Bakundintwari, gestionnaire du parc, les braconniers sont les premiers suspects. Ils pénètrent dans la réserve pour chercher du bois. Ils y conduisent aussi leur bétail . Les feux servent parfois à dégager des passages. Des chemins traversent le parc vers la Tanzanie. Les incendies pourraient aussi être volontaires. Le gestionnaire évoque des “personnes qui empruntent les chemins” pour les dégager .
Cette situation est récurrente. Une étude de 2024 révèle que les feux de brousse représentent 93,3 % des perturbations du parc . La pression humaine est donc massive sur cet écosystème.
Des moyens humains et matériels très limités
Le parc couvre 50 800 hectares. Mais sa surveillance repose sur une quarantaine d’agents . Seulement 45 gardes sont disponibles. C’est très insuffisant face à l’ampleur des feux. “C’est une bataille difficile”, confie un garde, Bosco Ndayikeza .
Le parc manque aussi d’équipements modernes. Sans matériel adapté, les flammes progressent vite. La savane, qui compose 75 % du parc, est particulièrement vulnérable . La faune subit aussi ces incendies. Les animaux fuient leurs habitats. Cela augmente les risques de conflits avec les villageois voisins .
Créé en 1980, le parc abrite 44 espèces de mammifères et 425 espèces d’oiseaux . Il est classé site Ramsar depuis 2013. Les responsables alertent sur les risques de dégradation durable. La protection du parc est vitale pour la biodiversité.
Aristide HAZOUME