Société

Madagascar : Tensions autour de la Haute Cour constitutionnelle

Deux juges de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) dénoncent une procédure qu’ils estiment illégale. L’Assemblée nationale prévoit l’élection d’un nouveau juge ce 28 mai 2026, alors qu’aucun siège n’est officiellement vacant. Les magistrats concernés alertent sur un risque de crise institutionnelle majeure.

La situation provoque une vive polémique au sein des institutions malgaches. L’Assemblée nationale souhaite en effet remplacer deux juges de la Haute Cour constitutionnelle. William Noëlson et Georges Merlin Rasolo Randrasana contestent fermement cette décision. Dans une lettre officielle datée du 26 mai 2026, les deux magistrats dénoncent un « remplacement arbitraire ». Ils rappellent que leur mandat, attribué en 2021 sous la présidence d’Andry Rajoelina, ne court que jusqu’en 2028.

Or, selon la Constitution malgache, tout remplacement nécessite une vacance officielle du siège, constatée par une décision préalable de la Haute Cour elle-même. Aucune déclaration de vacance n’a été publiée à ce jour. Les juges estiment donc que la procédure engagée est contraire aux textes fondamentaux.

Une institution centrale fragilisée

La Haute Cour constitutionnelle joue un rôle clé à Madagascar : elle tranche les contentieux électoraux et valide les résultats officiels des scrutins. C’est également elle qui a reconnu le colonel Michaël Randrianirina comme chef de l’État en octobre 2025, donnant une base constitutionnelle à la transition militaire. Ses décisions sont définitives et sans recours. Aussi toute contestation sur sa composition suscite de fortes inquiétudes politiques. Dans leur lettre, les juges évoquent un « précédent dangereux pour l’État de droit » et craignent une fragilisation durable des institutions républicaines.

La composition de la Haute Cour avait déjà créé des tensions en décembre 2025. Trois juges avaient alors été remplacés par décret présidentiel, malgré leur démenti formel de toute démission. Les remplacements avaient néanmoins été validés. Cette nouvelle affaire intervient dans un climat politique particulièrement sensible, alors que Madagascar prépare plusieurs consultations nationales et d’importantes réformes institutionnelles.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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