Politique

Réforme constitutionnelle au Sénégal : L’Assemblée nationale sous tension

L’Assemblée nationale sénégalaise examine ce lundi 29 juin une proposition de révision constitutionnelle portée par les députés du Pastef. Farouchement contestée par la coalition Diomaye Président, une partie de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile, la réforme cristallise les tensions politiques. Malgré l’ampleur des critiques, son adoption ne fait guère de doute, le parti majoritaire disposant d’une large assise parlementaire.

Une réforme contestée à l’heure du vote décisif

Les députés sénégalais se prononcent ce lundi sur la proposition de loi constitutionnelle n°17/2026. Le texte, ambitieux, prévoit une refonte d’une trentaine d’articles de la Constitution, ainsi qu’une réécriture intégrale de son préambule. Parmi les mesures phares, il transforme le Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle et redéfinit les prérogatives du président de la République et du Premier ministre.

Mais la coalition Diomaye Président, proche de Bassirou Diomaye Faye, ne décolère pas. Elle exige le retrait immédiat du texte, dénonçant avec vigueur plusieurs amendements de dernière minute introduits avant la séance plénière. Ces modifications portent sur des sujets aussi sensibles que la haute trahison du chef de l’État, la dissolution de l’Assemblée nationale ou encore la déclaration de patrimoine du président. Selon cette coalition, ces ajouts substantiels imposeraient une nouvelle concertation nationale, et non un vote précipité.

Le Pastef défend une réforme mûrement réfléchie

Le groupe parlementaire du Pastef rejette en bloc ces accusations. Son président, Mohamed Ayib Daffé, souligne que la réforme découle directement des concertations nationales engagées ces dernières années, en particulier les Assises de la justice de 2024 et le dialogue sur le système politique de 2025. « Les institutions doivent désormais assumer leurs responsabilités et traduire ces consensus en actes », plaide-t-il.

Sur le fond comme sur la forme, le texte respecte scrupuleusement la procédure fixée par la Constitution sénégalaise. Pour être adopté, il doit recueillir une majorité des trois cinquièmes des suffrages. Or, avec 130 députés sur 165, le Pastef dispose des voix nécessaires pour faire pencher la balance. Sauf retournement de situation majeur en séance, la proposition devrait donc franchir sans encombre le cap de l’hémicycle.

Aristide HAZOUME 

redacteur3.0

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