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Des milliers de manifestants se sont rassemblés à Kraljevo, dimanche 28 juin, répondant à l’appel du mouvement étudiant. Bien que le président Aleksandar Vučić ait annoncé son prochain départ, les protestataires maintiennent la pression. Ils réclament des élections anticipées et dénoncent un système politique qu’ils jugent corrompu, secouant la Serbie depuis près de dix-neuf mois.

La mobilisation ne faiblit pas à Kraljevo

La contestation étudiante reste plus que jamais présente dans les rues de Serbie. Dimanche, plusieurs milliers de personnes ont convergé vers la ville de Kraljevo, à l’appel des organisations étudiantes, devenues les principaux moteurs du mouvement national. Des groupes d’étudiants, venus à pied de différentes villes du pays, ont parcouru des dizaines de kilomètres pour rejoindre le rassemblement. Leur mot d’ordre est inchangé : ils exigent des élections législatives anticipées et dénoncent avec fermeté un système politique qu’ils estiment gangrené par la corruption.

Cette mobilisation intervient au lendemain d’une annonce présidentielle inattendue. Samedi 27 juin, Aleksandar Vučić a déclaré qu’il quitterait ses fonctions « dans quelques semaines », sans toutefois préciser de date ni présenter un calendrier électoral. Sous une chaleur accablante, les organisateurs ont appelé à poursuivre le mouvement, estimant qu’une fenêtre de changement politique s’ouvre désormais.

Des manifestants en quête de garanties démocratiques

Malgré l’annonce présidentielle, la méfiance demeure. Beaucoup de manifestants rappellent que des promesses similaires ont déjà été formulées par le passé, sans jamais aboutir à une véritable alternance.  Les représentants étudiants affirment travailler à l’élaboration d’une liste de candidats et d’un programme politique, dont la présentation serait conditionnée à l’annonce officielle d’élections anticipées. Ce mouvement, né après l’effondrement tragique de l’auvent de la gare de Novi Sad en 2024 qui a coûté la vie à seize personnes symbolise aujourd’hui, aux yeux des protestataires, les défaillances de l’État et les liens entre corruption et mise en danger des citoyens.

Au pouvoir depuis douze ans, Aleksandar Vučić rejette ces accusations et dénonce des ingérences étrangères qui viseraient, selon lui, à déstabiliser son gouvernement. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que sa démission pourrait ouvrir une phase politique inédite. Certains évoquent déjà une possible reconversion de l’ancien président vers le poste de Premier ministre, un scénario qui alimente les interrogations sur la sincérité du changement annoncé.

Aristide HAZOUME 

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