La crise sanitaire au Soudan s’aggrave sous l’effet des tensions au Moyen-Orient. Les ruptures d’approvisionnement touchent durement les médicaments essentiels, tandis que les coûts logistiques augmentent et perturbent les chaînes humanitaires.
Dans le village de Qoz Nafisa, la clinique publique alerte sur des stocks quasi inexistants. Environ 5 000 habitants dépendent de ce centre de santé. La dernière livraison de médicaments remonte à décembre. Depuis, aucune nouvelle cargaison n’a été reçue. Les routes commerciales sont perturbées par l’instabilité régionale. La fermeture partielle de certains axes maritifs a accru les coûts de transport. Selon des acteurs humanitaires, le détroit d’Ormuz reste un point critique. Les retards d’acheminement affectent plusieurs pays africains dépendants des importations, et le Soudan figure parmi les plus vulnérables.
À la clinique, le pharmacien Ahmed Ibrahim décrit une situation tendue : les patients doivent chercher leurs médicaments dans plusieurs localités, mais beaucoup n’ont pas les moyens de se déplacer. « C’est une tragédie pour le secteur de la santé », dit-il. Les organisations humanitaires signalent aussi des blocages de cargaisons médicales. Près de 130 000 dollars de produits pharmaceutiques seraient bloqués à Dubaï, alors qu’ils étaient destinés aux structures médicales soudanaises.
Le conflit interne au Soudan complique davantage l’accès aux soins. Les infrastructures médicales fonctionnent au minimum dans plusieurs régions, et les besoins humanitaires continuent d’augmenter. L’International Rescue Committee (IRC) appelle à un déblocage rapide des chaînes d’approvisionnement.
Les autorités locales font face à une pression croissante. Les experts en logistique humanitaire estiment que la situation pourrait durer si les routes maritimes restent perturbées. Les organisations internationales demandent une coordination renforcée pour éviter une crise sanitaire prolongée.
Le Soudan dépend fortement des importations pour ses traitements médicaux essentiels. Dans plusieurs régions rurales, les hôpitaux signalent déjà des ruptures de traitements pour maladies chroniques. Les patients atteints de diabète et d’hypertension sont particulièrement touchés.
Les ONG appellent à une réponse urgente et coordonnée. Sans amélioration rapide, les stocks pourraient atteindre un niveau critique dans les prochaines semaines. La situation humanitaire reste très préoccupante.
Aristide HAZOUME
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